Séminaire - Effets et usages du numérique

Séminaire Fichet-Heynlin :

Les effets et les usages du numérique
dans l'enseignement supérieur et la recherche

Séance inaugurale :
mardi 8 octobre 2013
17h à 19h
à la MSE de l'Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1)
 (http://mse.univ-paris1.fr/)
106/112 boulevard de L'Hopital Paris 13e
 salle du 6ème étage


"Quels sont les effets des changements numériques sur les métiers et  l’organisation universitaire ? Que sait-on des usages du numérique par  les étudiants et enseignants selon les établissements et les pays ?"

Présentation du séminaire par Sophie Poirot-Delpeche (Paris 1-Cetcopra), Christian Vanin (Paris 1-Service TICE), Jérôme Valluy (Paris 1 / Costech-UTC), Julien Vincent (Paris 1-IHMC) et ouverture des discussions avec les participants sur la problématique, la programmation et les débouchés éditoriaux  du séminaire pour 2013/2014

Présentation du séminaire

En 1470, vingt ans après les premières impressions de Gutenberg, la  Sorbonne, sous l’impulsion de Guillaume Fichet et Johann Heynlin, ouvre  un atelier d’imprimerie pour mettre à disposition des étudiants et  professeurs des ouvrages remplaçant les manuscrits rares et défectueux  des copistes. En 2006 est créé à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris  1), comme dans d’autres établissements, un service des Technologies de  l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE) qui met à  disposition des étudiants et professeurs les outils numériques,  pédagogiques et éditoriaux, caractéristiques des évolutions  universitaires à l’ère de l’Internet. L’objet du séminaire  FICHET-HEYNLIN est d’étudier les multiples aspects que cette révolution  numérique produit dans l’activité et le fonctionnement des universités  en favorisant la diversité des regards disciplinaires (sur le domaine  des arts, lettres, droit, sciences humaines et sociales), le pluralisme  intellectuel des points de vue (eco-managérial, technophile,  pédagogique, professionnel, social, technophobe...) et les regards  critiques favorables à une construction prudente et raisonnée des  avancées dans ce domaine, à distance des enthousiasmes technophiles  dominants de l’époque mais aussi des réactions technophobes. Une  attention particulière sera prêtée aux travaux déjà nombreux sur les  usages du numérique dans les établissements universitaires ainsi que sur  les enjeux internationaux des relations inter-universitaires.

Problématique générale

L’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la  communication dans les métiers et la vie interne des universités  s’accompagne de politiques publiques européennes et nationales de plus  en plus volontaristes tendant à adapter le système universitaire à une  société elle-même profondément transformée par ces évolutions  technologiques.

Trois dimensions de ces mutations numériques du monde universitaire sont  à examiner ensemble : celle de la formation, celle de la recherche et  celle de la gouvernance. Dans chacune d’elles des enjeux importants  apparaissent dans les débats et politiques relatives à l’enseignement  supérieur et à la recherche : l’introduction de ressources numériques  dans la pédagogie ; la généralisation du libre accès aux articles  scientifiques ; la gestion informatique des systèmes d’inscription, de  candidature ou d’évaluation... Dans chacune d’elles des compétences  professionnelles, dérivées de l’informatique, se sont formées depuis dix  ans : celle des spécialistes « TICE » pour la pédagogie numérique ;  celles des bibliothécaires et documentalistes pour les dimensions  numériques de la recherche ; celle des personnels administratifs pour  les dimensions numériques de la gouvernance.

Premier problème : dans les trois dimensions, mais selon une ampleur  variable de l’une à l’autre, les enseignants-chercheurs participent peu  tant aux débats généraux, qu’à la conception et à l’utilisation des  nouveaux dispositifs techniques ce qui nuit à l’efficacité et à la  rentabilité de ces dispositifs d’une part et ainsi qu’à l’adaptation du  système universitaire aux transformations de la société d’autre part.

Deuxième problème : ces trois dimensions sont fortement cloisonnées en  raison même des spécialités professionnelles qui se sont construites et  aussi des cadrages de recherches s’y rapportant. Ces cloisons séparent  excessivement les débats et les conceptions d’outils informatiques...  alors que les articulations entre ces trois dimensions sont essentielles  à la compréhension et surtout au développement du numérique  universitaire.

Troisième problème : les besoins et les usages du numérique se sont  différenciés d’une discipline scientifique à l’autre aussi bien pour la  pédagogie que pour la recherche et cela notamment dans les arts,  lettres, sciences humaines et sociales... mais cette différenciation  disciplinaire du numérique universitaire, peu étudiée par les  chercheurs, peu connue en dehors de chaque discipline est aussi peu  intégrée dans les dispositifs techniques.

Les trois problèmes sont reliés : le cloisonnement des trois dimensions  est d’autant plus important et la prise en compte des différenciations  disciplinaires d’autant plus faible... que les enseignants-chercheurs –  plus susceptibles que d’autres professionnels de faire le lien entre les  trois dimensions et de rendre compte des spécificités disciplinaires –  sont tendanciellement absents de ce domaine numérique du monde  universitaire.

Au delà du travail de recherche scientifique et de ses résultats espérés  pour la compréhension des sujets, l’objet du séminaire est de favoriser  une participation accrue des enseignants-chercheurs de toutes  disciplines dans la réflexion à mener sur les évolutions universitaires  et de contribuer à l’élaboration de projets de formation des doctorants  sur ce domaine.

Bibliographie en ligne :
http://www.reseau-terra.eu/article1265.html

Site du séminaire :
http://www.reseau-terra.eu/article1266.html