JE - Immigrés et culture cultivée

JOURNEE D’ETUDE


Sous la direction de Cosmina Ghebaur et Christine Servais


Université de Liège
Le 3 juin 2016, Salle de l’Horloge

 

 

Argumentaire


Les rapports entre arts et populations immigrées/ issues de l’immigration constituent un champ encore largement en friche. Dans l’espace francophone, plusieurs axes structurent les travaux existants, à savoir : les représentations des phénomènes migratoires dans les productions artistiques contemporaines (Poinsot 2012) et les musées (Poinsot 2011), la place des artistes immigrés et de leurs productions dans un monde de l’art transnational (Martiniello, Puig & Suzanne 2009) ou encore les politiques culturelles à destination des immigrés et de leurs descendants (Escafré-Dublet 2014a, 2014b, Martiniello 2014). Un quatrième chantier porte sur les pratiques culturelles de ces populations, les chercheurs les abordant d’un côté, sous l’angle des pratiques artistiques (comme formes d’expression et de participation y compris politique) (Martiniello & Lafleur 2008, Martiniello 2014) et de l’autre, en termes de styles de vie (comme marqueurs symboliques des identités sociales) (Coulangeon 2007a, 2007b).
Limitée au cas français, l’analyse de Philippe Coulangeon met en évidence un mouvement global de convergence: comme d’autres pratiques sociales (scolaires, politiques, etc.) (Vallet & Caille 1996, Tribalat 1995, Brouard & Tiberj 2005), les pratiques culturelles des immigrés s’alignent au fil des générations sur celles des autochtones. Un des domaines pour lesquels les écarts liés à l’origine sont les plus faibles est notamment celui de la culture savante, phénomène que l’auteur explique par l’influence de l’école – les pratiques savantes (fréquentation de musées, lieux d’exposition, théâtres, salles de concert, etc.) sont, de fait, celles pour lesquelles la socialisation scolaire est la plus prononcée. Or, en France, comme dans d’autres pays (Belgique, Canada, Pays-Bas...), les immigrés au sens strict – ces personnes « nées étrangères à l’étranger », selon la formule de l’INSEE (2015) – font eux-mêmes l’objet de politiques publiques (culturelles, mais aussi sociales) occasionnant, dans un but d’intégration, leur mise en présence avec des œuvres de la culture savante ou cultivée (théâtre, etc.) et avec des œuvres légitimes de la culture de masse (cinéma d’auteur).
Du théâtre au cinéma en passant par la peinture, l’art contemporain, etc., la culture cultivée est largement prise en charge par les sociologies de l’art, de la réception et des publics (Ethis, Fabiani & Malinas 2008, Ethis 2006, Passeron & Pedler 1991, Heinich 1998, Ancel & Pessin 2004...) ; cette journée d’étude propose de s’y intéresser à partir des médiations proposées par les institutions aux immigrés (Ghebaur 2013, 2014a, 2014b, 2015). Comment ces derniers sont-ils figurés socialement dans les œuvres et dispositifs de médiation choisis ? A quelles places énonciatives, sociales et politiques (Servais 2014) sont-ils renvoyés et avec quelle marge de manœuvre ? Quelstypes de collectif et quelles relations au corps social dans son ensemble sont construits dans les différentes strates ou couches appelées à « faire médiation » (objets, discours, pratiques, interactions, etc.) ? Enfin, quelles sont sur ces points les différences et les similitudes entre des pays, régions, etc. avec des politiques d’intégration différentes (assimilationnistes vs multiculturelles) ? Les cadres de pensées inspirant ces politiques – à savoir « l’ensemble des représentations, des croyances, des normes et des valeurs » à partir desquelles sont construits les problèmes à traiter, les objectifs des politiques publiques et les stratégies pour atteindre ces objectifs (Adam, 2014) – pèsent-ils (et si oui, comment) sur ce qui se joue dans l’accomplissement pratique des mises en présence qui nous intéressent ?
Comité scientifique : Pascale Ancel (Université Pierre-Mendès-France de Grenoble), Emilie Da Lage (Université de Lille 3), Jean-Louis Genard (Université Libre de Bruxelles), Cosmina Ghebaur (Université de Liège), Michèle Gellereau (Université de Lille 3), Marco Martiniello (Université de Liège), Christophe Pirenne (Université de Liège), Daniel Raichvarg (Université de Bourgogne), Philippe Scieur (Université catholique de Louvain), Christine Servais (Université de Liège), Jacques Walter (Université de Lorraine).
Comité d’organisation : Jean-Louis Genard (ULB), Cosmina Ghebaur (ULG), Christophe Pirenne (ULG), Philippe Scieur (UCL), Christine Servais (ULG), Elise Vandeninden (ULG), Caroline Wintgens (ULG).

 

PROGRAMME

9h00 : Accueil des participants
9h15 : Cosmina Ghebaur (postdoctorante, Université de Liège/ LEMME) : Introduction de la journée
d’étude
9h30: Angéline Escafré-Dublet (maîtresse de conférences, Université de Lyon 2/ Laboratoire Triangle) :
10h10 : Fatima Zibouh (doctorante, Université de Liège/ CEDEM) : La reconnaissance des expressions culturelles et artistiques des minorités ethniques par les politiques publiques en général et par les politiques culturelles en particulier
Pause-café : 10h50
11h00 : Emilie Da Lage (maîtresse de conférences, Université de Lille 3/ GERIICO) : Enjeux de
reconnaissance et légitimité des pratiques culturelles savantes non européennes
11h40 : Daniel Raichvarg (professeur des universités, Université de Bourgogne/ CIMEOS) : La différence, de l’œuvre à l’Œuvre
Pause-déjeuner : 12h20
14h00 : Jean-Louis Genard (professeur, Université libre de Bruxelles/ GRAP) :
14h40 : Anne Robineau (chercheure, Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques) :
Politiques et stratégies culturelles dans l’espace francophone au Canada auprès des populations issues de l’immigration
Pause-café : 15h20
15h30 : Christophe Traisnel (professeur, Université de Moncton/ ICRML) : Agencer particularisme linguistique et diversité culturelle : le dessein de l’inclusion des immigrants de langue française dans les francophonies canadiennes
16h10: Constanza Camelo-Suarez (professeure, Université du Québec à Chicoutimi/ CELAT):
Tactiques en art action
16h50 : Christine Servais (professeure, Université de Liège/ LEMME) : Conclusion et clôture de la journée d’étude


Comité scientifique : Pascale Ancel (Université Pierre-Mendès-France de Grenoble), Emilie Da Lage (Université de Lille 3), Jean-Louis Genard (Université Libre de Bruxelles), Cosmina Ghebaur (Université de Liège), Michèle Gellereau (Université de Lille 3), Marco Martiniello (Université de Liège), Christophe Pirenne (Université de Liège), Daniel Raichvarg (Université de Bourgogne), Philippe Scieur (Université catholique de Louvain), Christine Servais (Université de Liège), Jacques Walter (Université de Lorraine).

Comité d’organisation : Jean-Louis Genard (ULB), Cosmina Ghebaur (ULG), Christophe Pirenne (ULG), Philippe Scieur (UCL), Christine Servais (ULG), Elise Vandeninden (ULG), Caroline Wintgens (ULG).