Evènements SFSIC

AAC - Colloque PROTAGORAS «La communication européenne : vers un tournant agonistique ?

Appel à communication

Colloque PROTAGORAS
«La communication européenne : vers un tournant agonistique ?» 

30 et 31 mai 2018
IHECS – Bruxelles 

Argumentaire 

La reconnaissance du rôle crucial de la communication dans la fabrique symbolique du politique (Aldrin, Hubé, Olliver-Yaniv et Utard, 2014) a profondément nourri et relancé les études en communication publique. Mieux encore, elle les a ouvertes à une démarche transdisciplinaire très riche sur le terrain européen (Foret, 2008).


De nombreux auteurs en philosophie politique (Laclau et Mouffe ; Rancière ; Lyotard), ainsi qu’en rhétorique et en études d’argumentation (Plantin ; Amossy ; Angenot ; Nicolas) se sont intéressés au rôle du dissensus et de sa représentation en démocratie. La confrontation des différends et sa manifestation y sont reconnues comme le ciment même de la communauté politique. Le modèle de démocratie agonistique proposé par Chantal Mouffe repose sur une confrontation politique entre adversaires. Lesquels sont « paradoxalement [définis] comme “ennemis-amis”, c’est-à-dire [comme] des personnes qui sont amies, car elles partagent un espace symbolique commun, mais aussi ennemies, car elles veulent organiser d’une autre manière cet espace symbolique commun » (Mouffe, 2005 : 13 [trad. Libre]). 

La résurgence de la conflictualité, analysée dans sa fonction démocratique, fait du consensus européen un objet d’étude d’autant plus fertile que la communication institutionnelle européenne est longtemps demeurée marquée par un double paradigme. De type diffusionniste-pédagogique d’une part, celui-ci envisage la communication de manière unilatérale et descendante. Laquelle est alors essentiellement gérée par des agences et communicants externes. De type procédural d’autre part, la communication sur les dispositifs participatifs « prônant les qualités d’ouverture et de transparence d’institutions à l’écoute des citoyens » y prime sur leur participation effective et son contenu (Aldrin et Utard, 2010). La communication européenne vers le citoyen a, dans un tel contexte, fait l’objet d’une forte centralisation suivant des logiques de « lissage institutionnel » autour d’une « énonciation collective négociée » (Oger et Ollivier-Yaniv, 2006). 

Au sein et entre les institutions, la culture du compromis et les processus décisionnels ont contribué à la neutralisation et à l’effacement des dissonances (Bendjaballah, 2016). À l’instar de l’Union européenne, la propension des organisations internationales à lisser leurs discours et à escamoter la conflictualité (Rist, 2002, Launay, 2005) contribue à dépolitiser leurs mises en scène médiatiques dans l’espace public international (Gobin et Deroubaix, 2010). Ce discours institutionnel « d’une seule voix » se trouve aujourd’hui confronté à un vif rejet dans l’opinion publique, à la performance notable de contre- discours nationaux particulièrement clivants et à un traitement journalistique privilégiant classiquement les cadrages conflictuels (Giasson, 2012 ; Burger 2010 ; Burger, Jacquin et Micheli, 2011). La confrontation polyphonique des discours sur l’Union européenne aboutit à la construction tripartite d’un objet-frontière, à mi-chemin entre le politique et le médiatique, se donnant à lire sous la forme privilégiée de la controverse, voire de la polémique. 

Ce second colloque PROTAGORAS se place, à l’instar du premier, à la croisée des disciplines : les sciences sociales et politiques ; les sciences de l’information et de la communication ; les sciences du langage. Il invite à se saisir de la tension consensus / dissensus qui est au cœur de la communication publique et politique européenne et de sa médiatisation. Trois niveaux d’analyse sont suggérés : le niveau linguistique/textuel ; le niveau sémiologique ; le niveau communicationnel et des pratiques. 

Les propositions devront suivre l’un des trois axes thématiques prioritaires : 

 

Le premier axe – socio-organisationnel – concerne les évolutions de la communication institutionnelle de l’Union européenne et celle de ses acteurs. Ces évolutions engagent une réflexion sur l’interdépendance entre une logique rationnelle-légale, d’une part, et des enjeux individuels-personnels, d’autre part. Outre le processus d’institutionnalisation d’Internet (et les représentations de l’Europe que ce média nourrit), on pourra interroger les inflexions communicationnelles des initiatives issues du Livre blanc sur l’avenir de l’Europe et la voie à suivre, publié par la Commission européenne en mars 2017. Cet axe couvre aussi bien la question de l’incarnation et du leadership organisationnel – la parole des dirigeants de l’Union européenne –, que la coopération inter-institutionnelle entre les différents services de communication (y compris les impulsions plurielles des agences de com’) et la recherche de relais au sein de la société civile

Le second axe s’intéresse aux mises en scène médiatiques de cette communication, en d’autres termes aux formatages esthétiques et discursifs menés dans et par les médias d’information. Partant du privilège qu’accordent les médias « classiques » aux représentations conflictuelles de la vie publique et politique, cet axe vise les enjeux de cadrage et d’agenda (Scheufele, 2000) propres à façonner la visibilité autant que la lisibilité de la communication institutionnelle de/dans l’Union européenne. Le but est ici de questionner à la fois l’espace consacré dans les rédactions (agenda-building) et les contraintes expressives qui président aux mises en scène médiatiques. 

Le troisième axe se propose de regarder l’objet européen dans sa dimension discursive composite – « l’Europe » –, à travers les usages argumentatifs et rhétoriques mobilisés dans les discours politiques nationaux des acteurs individuels et/ou collectifs. Il s’agit de questionner la valeur agonistique et communicationnelle de ces usages dans l’/les espace(s) public(s) médiatique(s) européen(s). Dès lors, on fera l’hypothèse d’un regain de politisation de l’objet européen dans l’offre programmatique des acteurs politiques nationaux. Tout en considérant, à l’inverse, la dépolitisation persistante dont témoignent son édification et sa condamnation au sein des stratégies partisanes et/ou personnelles propices à sa mythification. Cet axe privilégiera les analyses de corpus et de terrain. 

Le colloque sera suivi d’une publication dans les « Cahiers PROTAGORAS ». 

 

Références bibliographiques 

ALDRIN Philippe et UTARD Jean-Michel, La résistible politisation de la communication européenne – Genèses des controverses et des luttes d’institutions autour d’un Livre blanc. Communication présentée à la journée d’études doctorales du Département de Science politique, 2007. 

ALDRIN Philippe, HUBE Nicolas, OLLIVIER-YANIV Caroline, UTARD Jean-Michel (dir.), Les mondes de la communication publique. Légitimation et fabrication symbolique du politique, Rennes, PUR, 2013.

AMOSSY Ruth, Apologie de la polémique, Paris, PUF, 2014.

AMOSSY Ruth, La présentation de soi, Paris, PUF, 2010. 

ANGENOT Marc, Dialogues de sourds. Traité de rhétorique, Paris, Mille et Une Nuits, 2008.

BAYGERT Nicolas, « L’Union européenne, vers un récit de marque refondé ? », Communication & langages, n° 183, 2015, p. 133-151. 

BOUGNOUX Daniel, La communication contre l’information, Paris, Hachette, 1995. 

CUSSÓ Roger et GOBIN Corinne « Du discours politique au discours expert : le changement politique mis hors débat ? », Mots. Les langages du politique, n°88, 2008, p. 5-11. 

DACHEUX Éric, « Action et communication politique : une distinction impossible ? », Communication et organisation, n° 15, 1999.

FORET François, Légitimer l’Europe. Pouvoir et symbolique à l’ère de la gouvernance, Paris, Presses de Sciences Po, 2008 

ROUET Gilles (dir), Les journalistes et l’Europe, Bruxelles, Bruylant, 2009.

GOBIN Corinne et DEROUBAIX Jean-Claude, « L’analyse du discours des organisations internationales. Un vaste champ encore peu exploré », Mots. Les langages du politique, n° 94, 2010, p.107-114

LACLAU Ernesto et MOUFFE Chantal, Hegemony and Socialist Strategy: Towards a Radical Democratic Politics, Londres – New York, Verso, 1985. 

LAUNAY Stephen, « L’ONU entre mystique et puissance », Cahiers d’histoire sociale, n° 25, 2005, p. 7-18.

LEWI Georges, L’Europe, Une mauvaise marque ?, Paris, Vuibert, 2006.

MOUFFE Chantal, The Return of the Political, Londres – New York, Verso, 1993. 

MOUFFE Chantal, The Democratic Paradox, Londres-New York, Verso, Radical Thinkers, 2005. 

MOUFFE Chantal, Agonistics: thinking the world politically, Londres – New York, Verso, 2013.

NICOLAS Loïc et ALBERT Luce, Polémique et rhétorique de l’Antiquité à nos jours, Bruxelles, De Boeck Supérieur, 2010. 

OGER Claire et OLLIVIER-YANIV Caroline, « Conjurer le désordre discursif. Les procédés de “lissage” dans la fabrication du discours institutionnel », Mots, Les langages du politique, n° 81, 2006, p. 63-77.

RIST Gilbert (dir.), Les mots du pouvoir : sens et non-sens de la rhétorique internationale, Les Nouveaux Cahiers de l’IUED, Paris – Genève, PUF – Institut universitaire d’études du développement, 2002. 

RANCIERE Jacques, La mésentente. Politique et philosophie, Galilée, 2000. RANCIERE Jacques, Chronique des temps consensuels, Seuil, 2005.

ROZENBERG Olivier, « L’influence du Parlement européen et l’indifférence de ses électeurs : une corrélation fallacieuse ? », Politique européenne, n° 28, vol. 2, 2009, p. 7-36 

SCHEUFELE Dietram A., « Agenda-Setting. Priming and Framing Revisited: Another Look at Cognitive Effects of Political Communication », Mass Communication & Society, vol. 3, n° 2-3, 2000, p. 297-316.

SIROUX Jean-Louis, « La dépolitisation du discours au sein des rapports annuels de l’Organisation mondiale du commerce », Mots. Les langages du politique, n° 88, 2008, p. 13-23. 

TRENZ Hans-Jeorg (2008) « Understanding Media Impact on European Integration: Enhancing or Restricting the Scope of Legitimacy of the EU? », Journal of European Integration, vol. 30/2, 2008, p. 291-309.

WOLTON Dominique, Penser la communication, Paris, Flammarion, 1997. 

 

Associés au programme de ce second colloque PROTAGORAS, plusieurs chercheurs du GRIPIC (Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d'information et de communication – Paris IV-Sorbonne - CELSA) apporteront leur contribution scientifique au projet d'une approche interdisciplinaire de la communication européenne : la question agonistique sera ainsi envisagée à l'échelle des enjeux spécifiquement communicationnels des stratégies socio-discursives des acteurs institutionnels européens et du formatage politico-médiatique des discours nationaux portant sur l'Europe. 

Événement labellisé par la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication (SFSIC). 

Communications attendues et procédure de soumission
Les propositions doivent nous parvenir avant le 15 mars 2018 par voie électronique à 

l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. 

Outre un résumé de 1 000 à 1 500 signes (au format .doc), les propositions devront comporter : le nom, le statut professionnel ou académique, le rattachement institutionnel, les coordonnées du ou des auteurs (adresses électronique et postale), et intégrer, éventuellement, une liste des publications.

Les propositions de communications peuvent se présenter soit comme des analyses réflexives fondées sur des recherches empiriques récentes et achevées, soit comme des analyses de pratiques professionnelles en communication – témoignages de pratiques et réflexion sur les conditions de l’action, les justifications de l’action et les conséquences sur l’action. 

Après un examen des propositions en double aveugle, le comité d’organisation retournera son avis aux auteurs le 31 mars au plus tard. 

Les frais d’inscription et de participation s’élèvent à 80 € (ou 50 € pour les chercheurs non financés). 

Comité d’organisation 

Nicolas BAYGERT – Docteur en sciences de l’information et de la communication (Université Paris IV-Sorbonne/UCL), Chargé de cours (IHECS, ULB, CELSA, Sciences Po Paris).
Esther DURIN – Doctorante en Sciences du langage (UPV – Montpellier 3 / Praxiling), Chargée de cours à l’IHECS. 

Adrien JAHIER – Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, Équipe Ternov, Centre d’Étude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir (CERTOP) – Conseil National de la Recherche Scientifique (CNRS), Université de Toulouse, Chargé de cours (ULB, Université de Mons, IHECS). 

Élise Le Moing - MAAS – Docteur en sciences de l’information et de la communication (UVSQ), gestionnaire de la section « Relations Publiques » de l’IHECS, enseignant- chercheur ULB (ReSIC)/IHECS.
Loïc NICOLAS – Docteur en langues et lettres (ULB), Collaborateur scientifique (ULB & PROTAGORAS), Formateur IHECS/Institutions européennes, Speechwriter. 

 

Comité scientifique : 

Nicolas BAYGERT, IHECS – Protagoras, Université Libre de Bruxelles, CELSA, Sciences Po
Nadège BROUSTAU, Université Libre de Bruxelles (ReSIC)
Dominique BESSIÈRESUniversité Rennes-II (PREFics)
Patrick CHARAUDEAU, Université Paris XIII (CAD)
Anne-Marie COTTON, Haute école Artevelde de Gent, Université Catholique de Louvain (LASCO)
Nicole D’ALMEIDACELSA (GRIPIC)
Thierry DEVARSCELSA (GRIPIC)
Esther DURIN, Université Paul-Valéry (Praxiling) - IHECS – Protagoras
Mihaela GAVRILA, Sapienza Università di Roma
Adrien JAHIERUniversité Libre de Bruxelles, Université ToulouseIII, IHECS – Protagoras
Alexander KONDRATOVUniversité Libre de Bruxelles /IHECS (ReSIC)
Élise Le Moing- MAASUniversité Libre de Bruxelles (ReSIC), IHECS – Protagoras Isabelle LBRETON FALEZAN, CELSA (GRIPIC)
Thierry LIBAERT, membre du Comité Économique et Social Européen
Philippe MARIONUniversité Catholique de Louvain (ORM)
Loïc NICOLAS, Université Libre de Bruxelles, IHECS – Protagoras
Sandrine ROGINSKYUniversité Catholique de Louvain (LASCO) 

À propos de PROTAGORAS 

Coordonné par l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales (IHECS), le laboratoire d’idées PROTAGORAS ouvre un pôle de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire en communication publique et politique. Le laboratoire vise à créer des ponts entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée, de même qu’entre chercheurs et praticiens de la communication publique et politique. 

Site de référence : http://protagoras.ihecs.be 

 

AAC - Colloque international RESIPROC 2018 Ce que la « pratique » fait à la recherche en communication organisationnelle

 

Colloque international RESIPROC 2018

Ce que la « pratique » fait à la recherche en communication organisationnelle

Les 11 et 12 juin 2018 CNAM - Paris

Appel à communications

 

 

Dans le champ de la communication des organisations, dite aussi organisationnelle, les relations entre chercheurs et praticiens sont qualifiées par certains de limitées et difficiles (Jeanneret et Ollivier, 2004 ; Brulois et Charpentier 2009). Gryspeerdt (2004) utilise même les termes de « césure », « clivage », « fossé » et « tension » pour les caractériser. Héritages institutionnels et sociétaux, espaces de légitimation différenciés, représentations et postures respectives... plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation. Pourtant, que ce soit à l’initiative des uns ou des autres, communicateurs et chercheurs interagissent directement lors de rencontres, de collaborations, d’observations, d’interventions ou par la médiation de documents (revues et ouvrages scientifiques, presse spécialisée, manuels, etc.), d’organisations dédiées (par exemple l’ANVIE, le RESIPROC), de dispositifs de formation ou de recherche (laboratoires communs, conventions industrielles de formation par la recherche, recherches impliquées et actions, etc.) ou encore d’événements (colloques, conférences, rencontres professionnelles, etc.). Les motivations sont de différentes natures.

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Symposium CPDirSIC/SFSIC Des humanités numériques aux Digital Studies

 

Symposium CPDirSIC/SFSIC
Des humanités numériques aux Digital Studies


Positions et propositions des Sic

Paris, 16 mars 2018

 

L'intégration croissante des humanités numériques dans les parcours académiques et l'émergence de nouveaux paradigmes autour des Digital Studies préoccupent les chercheurs.cheuses en SIC francophones. En témoignent leur participation active à la journée d'études « SIC et Digital Studies » (commission Recherche de la SFSIC, mars 2016), aux « Rencontres Humanités Numériques » (DGSIP, MENESR, mars 2017), ou encore aux livraisons 8 (2016) et 10 (2017) de la Revue française des sciences de l'information et de la communication (RFSIC) ainsi qu’à l’ouvrage Dynamiques des recherches en SIC coordonné par la CPDirSIC (à paraître en 2018).

Ces événements et publications scientifiques ont soulevé un certain nombre d'interrogations au sein de notre communauté que la SFSIC et la CPDirSIC proposent de prolonger lors d'un symposium accueilli par l’unité de recherche Costech (Connaissance organisation et systèmes techniques – Université de technologie de Compiègne) à l’Institut de management de l’information à Paris. Son objectif sera de formaliser le point de vue des enseignant.e.s- chercheurs.cheuses en SIC sur quatre thématiques faisant l’objet d’autant d’ateliers.

Les participant.e.s s’engagent à produire un travail collectif visant un consensus disciplinaire, à participer à un seul et même atelier et, durant toute la journée, à rédiger des propositions qui, in fine, seront soumises au groupe. Au-delà du Manifeste publié en 2017 (https://rfsic.revues.org/2630), il s’agira de construire ensemble une position des sciences de l'information et de la communication sur les défis posés par l’écosystème numérique. Pour finaliser cette réflexion et en prévision d’un ouvrage commun CPDirSIC/SFSIC, une seconde journée de travail est envisagée en septembre 2018.

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Symposium CPDirSIC/SFSIC Des humanités numériques aux Digital Studies (2)

 

Symposium CPDirSIC/SFSIC
Des humanités numériques aux Digital Studies


Positions et propositions des Sic

Paris, 16 mars 2018

 

L'intégration croissante des humanités numériques dans les parcours académiques et l'émergence de nouveaux paradigmes autour des Digital Studies préoccupent les chercheurs.cheuses en SIC francophones. En témoignent leur participation active à la journée d'études « SIC et Digital Studies » (commission Recherche de la SFSIC, mars 2016), aux « Rencontres Humanités Numériques » (DGSIP, MENESR, mars 2017), ou encore aux livraisons 8 (2016) et 10 (2017) de la Revue française des sciences de l'information et de la communication (RFSIC) ainsi qu’à l’ouvrage Dynamiques des recherches en SIC coordonné par la CPDirSIC (à paraître en 2018).

Ces événements et publications scientifiques ont soulevé un certain nombre d'interrogations au sein de notre communauté que la SFSIC et la CPDirSIC proposent de prolonger lors d'un symposium accueilli par l’unité de recherche Costech (Connaissance organisation et systèmes techniques – Université de technologie de Compiègne) à l’Institut de management de l’information à Paris. Son objectif sera de formaliser le point de vue des enseignant.e.s- chercheurs.cheuses en SIC sur quatre thématiques faisant l’objet d’autant d’ateliers.

Les participant.e.s s’engagent à produire un travail collectif visant un consensus disciplinaire, à participer à un seul et même atelier et, durant toute la journée, à rédiger des propositions qui, in fine, seront soumises au groupe. Au-delà du Manifeste publié en 2017 (https://rfsic.revues.org/2630), il s’agira de construire ensemble une position des sciences de l'information et de la communication sur les défis posés par l’écosystème numérique. Pour finaliser cette réflexion et en prévision d’un ouvrage commun CPDirSIC/SFSIC, une seconde journée de travail est envisagée en septembre 2018.

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AAC - DICEN-GRESEC Le recours à l'éthique en contexte numérique

 

  Colloque international

 

6ème conférence Document numérique & Société

INFORMATION-COMMUNICATION : LE RECOURS A L’ETHIQUE EN CONTEXTE NUMÉRIQUE

 

Les 27 et 28 septembre 2018

 

à l’Institut de la Communication et des Médias (Echirolles) organisé par Dicen-Idf (Cnam) et le Gresec (Université Grenoble Alpes)

 

un colloque labellisé SFSIC       

 

Appel à propositions

 

Si l’éthique est régulièrement convoquée dans de nombreux secteurs professionnels (santé, politique, environnement, etc.), sa référence est devenue fréquente dans les échanges issus d’autres domaines et ses enjeux ont aujourd’hui capté l’attention des pratiques informationnelles et communicationnelles ainsi que pour les métiers qui les représentent : journalistes, analystes, bibliothécaires, documentalistes.

 

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Doctorales SFSIC 2017 - Actes

Actes des Doctorales de la SFSIC 2017

 

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Les 14, 15 et 16 juin 2017, la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication (Sfsic) en partenariat avec le laboratoire Elico (équipe d’accueil 4147) ont organiséles Doctorales 2017 à l’Enssib (Lyon-Villeurbanne). Elles ont été l’occasion d’une recension de nouveaux objets de recherche portés par les thèses en cours et/ ou soutenues, d’étudier des démarches et acceptions théoriques en Sic, comme l’émergence de nouveaux champs et/ou segments professionnels.

La présente publication des actes des Doctorales de la Sfsic 2017 (fichier disponible au téléchargement ci-dessous) est l’objet d’une éditorialisation. En effet, les textes collectés rendent compte d’ajouts, de consolidations par rapport aux communications orales des doctorants et docteurs. En particulier, des suggestions et pistes de réflexion, élaborées collectivement lors du colloque, ont été intégrées spécifiquement pour leur édition numérique.

Les actes abordent plus largement les usages numériques et les réseaux sociaux, les représentations, les identités et les reconnaissances, la gestion de l’information et des médias, les comportements et les organisations, les cultures et les institutions, l’épistémologie et la méthodologie. Au travers de ce foisonnement d’objets et de conceptions de recherche, des thématiques structurantes peuvent être discernées :

1. Les enjeux de construction de collectifs territoriaux sont abordés dans les terrains de recherches Sic, dans une dimension politique et publique, en termes de sentiments d’appartenance identitaire. La communication publique et/ou politique, locale et territoriale, hexagonale ou internationale est investiguée dans plusieurs textes. Mathieu Fusi évoque des registres de la dimension symbolique de la communication de l’exécutif français lors des crises financières internationales. Nicanor Tatchim étudie la diversité culturelle dans le discours de l’Etat au Cameroun, oscillant entre construction de l’unité nationale et opération de fermeture du débat identitaire. Simon Ngono questionne l’espace public des débats télévisés dans le contexte « post-libéral » camerounais.Thomas Bihay traite de l’idéologie créative au service de la communication locale, en prenant comme terrain d’étude le cas de la Métropole de Lyon. Lauriane Guillou explore les archives audiovisuelles au Festival d’Avignon comme objet communicationnel au confluent de la mémoire institutionnelle, individuelle et collective.
Les ancrages identitaires sont aujourd’hui renouvelés dans les usages des Tic. C’est ce que l’on peut mesurer dans la mobilité, voulue ou forcée, l’exil et les diasporas abordés parJessy Patricedont la thèse a porté sur les identités et pratiques culturelles des Martiniquais installés en France métropolitaine, d’une part, et Sarah Rakotoaryqui travaille sur les pratiques sociales de la diaspora malgache sur Facebook, d’autre part.

2.    Les outils et supports des Tic constituent désormais des champs de recherche classiques des Sciences de l’information et de la communication. Mais les recherches émergentes montrent des préoccupations épistémologiques pour saisir les développements des Tic. Les pratiques en ligne proposent aux jeunes chercheurs de nouveaux terrains d’enquête qui nécessitent des ajustements méthodologiques. Alexandre Delorme s’interroge ainsi sur la méthodologie à choisir pour l’étude de hashtags, en prenant le cas des Rencontres Trans Musicales de Rennes. Les réseaux sociaux numériques sont questionnés par Danielle Mbambe Bebey ,dont les recherches traitent de la « Facenographie » ou la possibilité d’étendre la netnographie sur tous les réseaux sociaux numériques.Camille Imhoff examine les configurations et les sens d’une « communauté virtuelle » sur un réseau social d’entreprise (RSE). Adeline Entraygues analyse les pratiques prescrites scolaires et les pratiques informationnelles informelles (RSN) comme concourant à la culture de l’information au lycée. L’articulation des espaces documentaires réels ou en ligne par les CDI est approfondie par Florence Michet. Ainsi l’appréhension des articulations entre espaces virtuels et réels est vue dans une pluralité d’angles.

Les écritures numériquesreconfigurent le traitement des informations et leur éditorialisation. L’accélération qui souvent les accompagne, est peut-être à l’origine de manquements dans les pratiques journalistiques, notamment celles du fact-checking relevées par Laurent Bigot. Pour sa part, Ugo Moret aborde les nouvelles formes éditoriales en ligne. Daniel Pélissier souligne le passage des big data aux thick data dans la communication numérique de recrutement et la co-construction identitaire des organisations. Les politiques de protection des données s’avèrent cruciales à une époque de forte numérisation des vies de chacun, remarqueJulien Rossi dans une optique d’analyse des controverses et des traces.

3.     Mais la communication des organisations n’est pas seulement interrogée par le prisme des pratiques en ligne, celles-ci sont aussi organisationnelles et sociales, interactionnelles. Ainsi, Aurélia Dumas conjugue la communication organisationnelle à la communication affective en approfondissant les dispositifs de prévention de la santé et de la sécurité au travail sous une perspective analogique aux dynamiques médiées.Thierry Bellance relie la « réussite » à l’université aux pratiques et compétences informationnelles entre trois groupes d’acteurs (enseignants, étudiants, bibliothécaires).

4.    Les méthodes en Sic sont l’objet de multiples réflexions. Elsa Tadier souligne les enjeux de recherche aux prises avec le vivant, entendue comme une réflexion pour une démarche sémiologique prenant en considération le mouvement des objets livres et « leur vie sociale ». Hélène Burzala-Ory décrit les éléments d’une enquête qualitative in situ qui repère les représentations et les pratiques de consommation des légumes dont les niveaux de consommation ne progressent pas significativement.

5.    Les supports médiatiquesreprésentent des enjeux d’approche pluriscalaires. Concernant les médias télévisuels, Lucie Alexis envisage différentes méthodologies possibles en Sic et les conditions de production de connaissances sur les terrains politiques et médiatiques en matière de télévision publique. L’analyse de discours est également choisie par Sophie Dubec afin d’éclairer les diverses représentations médiatiques des pères familicides. Concernant la presse écrite, Florence Chiavassa compare les articles consacrés à l’actualité spatiale (science et technique) dans trois quotidiens généralistes français pour transmettre ces sujets scientifiques dans des logiques de grand public. Fanny Ros examine la couverture médiatique de la Révolution Cubaine et une propagande implicite dans la presse franquiste, comme exemples de valeurs patriarcales. Mélina Skouroliakou prend pour objet le traitement des crises économiques grecque et espagnole dans la presse française dans une visée comparative.

Bonne lecture à tous !

Dominique Bessières* et Laurence Corroy-Labardens**
Co-éditeurs des Actes des Doctorales Sfsic 2017
*Maître de conférences en Sic - Université Rennes 2 PREFICS EA 7469
**Maître de conférences HDR en Sic - Université Sorbonne nouvelle Paris 3 Cerlis UMR 8070

 

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JE - Organisation et Santé numérique



JOURNÉES D’ÉTUDE
ORGANISATION, SANTÉ NUMÉRIQUE
23-24/10/2017
CNAM UQUAM

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AAC - Congrès de la SFSIC 2018

 

 

XXIe Congrès de la SFSIC

 

 

 

MSH Paris Nord, 13, 14, & 15 juin 2018

 

(modification : le congrès commence le 13 à 9h et s’arrête le 15 à 18h)

 

             

 

Création, créativité et médiations

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Compte rendu - AGADIR 2016 : L’identité au pluriel

 

L’identité au pluriel : compte rendu du colloque

 

Fathallah Daghmi, Université de Poitiers

 

 

 

La troisième édition du colloque international d’Agadir a été organisée par MIGRINTER (CNRS- UMR 7301) de l’Université de Poitiers et LARLANCO de l’Université Ibn Zohr et en partenariat avec la SFSIC et l’Association marocaine des sciences de l’information et de la communication du 18 au 20 mai 2016 à l’espace des Humanités de l’Université Ibn Zohr au Maroc. Le colloque s’est terminé par une visité culturelle d’une coopérative féminine de fabrication de produits traditionnels dans la région d’Agadir.

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AAC - Les paroles militantes dans les controverses environnementales

 

APPEL À COMMUNICATIONS

 

 

Colloque international

 

labéllisé par la SFSIC


 

Les paroles militantes dans les controverses environnementales : constructions, légitimations, limites

 

Metz, 22, 23 et 24 novembre 2017

 

Depuis les années 1970, les controverses sont l’objet d’un intérêt croissant de la part des chercheur.e.s en sciences sociales, intérêt renouvelé par la sociologie pragmatique (Chateauraynaud, 2011) et les Science and Technology Studies. Beaucoup de travaux ont été consacrés à la redéfinition même de l’objet « controverse », au cadrage des débats, au rôle des sciences dans les controverses (Chavot, Masseran, 2010; 2013) et aux processus de légitimation des savoirs. La médiatisation des controverses constitue un autre axe d’analyse privilégié, comme en témoignent par exemple les colloques de l’Institut des sciences de la communication du CNRS, «Médiatisation des controverses: épistémologie et enjeux» (2009) ainsi que « Le journalisme scientifique dans les controverses » (2013).

 

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