Symposium CPDirSIC/SFSIC Des humanités numériques aux Digital Studies (2)

 

Symposium CPDirSIC/SFSIC
Des humanités numériques aux Digital Studies


Positions et propositions des Sic

Paris, 16 mars 2018

 

L'intégration croissante des humanités numériques dans les parcours académiques et l'émergence de nouveaux paradigmes autour des Digital Studies préoccupent les chercheurs.cheuses en SIC francophones. En témoignent leur participation active à la journée d'études « SIC et Digital Studies » (commission Recherche de la SFSIC, mars 2016), aux « Rencontres Humanités Numériques » (DGSIP, MENESR, mars 2017), ou encore aux livraisons 8 (2016) et 10 (2017) de la Revue française des sciences de l'information et de la communication (RFSIC) ainsi qu’à l’ouvrage Dynamiques des recherches en SIC coordonné par la CPDirSIC (à paraître en 2018).

Ces événements et publications scientifiques ont soulevé un certain nombre d'interrogations au sein de notre communauté que la SFSIC et la CPDirSIC proposent de prolonger lors d'un symposium accueilli par l’unité de recherche Costech (Connaissance organisation et systèmes techniques – Université de technologie de Compiègne) à l’Institut de management de l’information à Paris. Son objectif sera de formaliser le point de vue des enseignant.e.s- chercheurs.cheuses en SIC sur quatre thématiques faisant l’objet d’autant d’ateliers.

Les participant.e.s s’engagent à produire un travail collectif visant un consensus disciplinaire, à participer à un seul et même atelier et, durant toute la journée, à rédiger des propositions qui, in fine, seront soumises au groupe. Au-delà du Manifeste publié en 2017 (https://rfsic.revues.org/2630), il s’agira de construire ensemble une position des sciences de l'information et de la communication sur les défis posés par l’écosystème numérique. Pour finaliser cette réflexion et en prévision d’un ouvrage commun CPDirSIC/SFSIC, une seconde journée de travail est envisagée en septembre 2018.


 

Atelier 1

Un renouvellement théorique et épistémique ?

F. Paquienséguy (Sfsic) S. Rouquette (CPDirSic) 

Par rapport à d'autres disciplines plus anciennes qui ont tendance à envisager le numérique comme une source de renouvellement, voire un impératif de survie, les SIC bénéficient d'une expérience non négligeable, mise en valeur lors de la journée d'étude SFSIC en mars 2016. Par exemple, les travaux des années 1980-1990 sur le triangle sciences-techniques-société, l'informationnalisation et les TIC ont permis aux SIC de penser le « numérique » avant sonavènement contemporain, mais sans parvenir vraiment à remettre en perspective durablement ce terme discutable et discuté.

Pourtant, l'accent mis par les SIC sur les questions d'usages des TIC et sur la réception des médias et, plus récemment, les travaux de collègues en 71e section sur des domaines tels que les communs de la connaissance, les traces numériques, la protection des données et leur accessibilité, le capitalisme informationnel, la créativité et la création digitale, les plateformes participatives, les corpus et le sens, ou encore les réseaux socionumériques les prédispose légitimement à jouer un rôle central dans le dialogue avec les nouvelles interdisciplines ou postures que sont les humanités numériques et les Digital Studies.

Cet atelier aura pour objectif de répondre à la question centrale: quels sont les fondamentaux de la recherche en SIC sur le numérique ?

Les participants se demanderont notamment si les SIC doivent envisager les humanités numériques et Digital Studies comme un nouveau déterminisme auquel il conviendrait d'opposer une « approche sociotechnique » plus réaliste, ou si les enjeux du numérique tels que présentés par ces projets interdisciplinaires ne sont pas une occasion pour les collègues de repositionner leurs travaux, parfois marqués par une vision « heureuse » du rôle social et organisationnel des technologies. Ils-elles se demanderont également quelle épistémè commune, ou spécifique, les SIC devraient valoriser ou renforcer.

 

Atelier 2

Des enjeux politiques et sociétaux à (re)penser ; capitaliser l'expérience des SIC à l'ère du transhumanisme
S. Leleu-Merviel (CPDirSic) C. Wilhelm (Sfsic)

La position de la recherche en SIC face aux discours politiques renforçant les potentialités de contrôle, d'aliénation et d'assujettissement engendrées par la digitalisation des modes de communication, de pouvoir et d'organisation reste confuse. Pourtant, notre discipline pourrait mettre l'accent sur les nouvelles formes de « risques techno-sociaux » et se servir de certaines notions, comme celles de de « dispositifs sociotechniques d'information et de communication » ou de « capitalisme informationnel » pour en penser les conséquences. En contrepoint, les chercheurs.cheuses en SIC pourraient proposer des recherches appliquées destinées à renforcer la dimension émancipatrice des technologies digitales (contre-récits au storytelling dominant, nouveaux outils participatifs et citoyens, nouveaux modes d'accès partagé au savoir et d'intelligence des territoires, etc.). Dans la logique du prochain congrès de la SFSIC en juin 2018, les recherches en SIC sur la création et la créativité – en partenariat avec des spécialistes d'art, de design ou de management – pourraient attester d’un engagement plus marqué dans cette voie de changement social et environnemental.

La question centrale de cet atelier sera : comment les SIC peuvent-elles tenir une posture critique construite au regard des discours ambiants sur le numérique et repenser de tels phénomènes globalisés en émettant des propositions constructives ?

Les participant.e.s se demanderont notamment comme envisager le projet mondial transhumaniste, qui risque d'engendrer une humanité à deux vitesses («hommes augmentés » ou « hommes diminués » ?) et comment internationaliser davantage les programmes de recherche en SIC pour mieux appréhender de façon critique ces phénomènes déjà présents à l’échelle mondiale.


 

Atelier 3

Méthodes de recherche : nouvelles pratiques, nouveaux outils ?

J. Bonaccorsi (Sfsic) P. Marchand (CPDirSic)

Les outils de travail des chercheurs.cheuses en SIC ont changé et se sont très vite démultipliés. Sans préjuger de ce constat, certaines méthodes semblent s’autojustifier par leur seule référence à leur caractère « numérique ». Il convient aujourd’hui de faire le point sur la valeur ajoutée et les limites des méthodes dites « numérisées » (questionnaire ou observation en ligne, entretien par Skype, etc.) par rapport aux méthodes traditionnelles antérieures. Plusieurs questions se posent aussi sur les corpus automatiquement constitués, sur la collecte de données par des robots ou sur les singularités des méthodes digitales dites « natives » (Rogers, Manovich...). En banalisant ces méthodes, les SIC courent le risque d'une dérive « cartographique » et quantitativiste, mais aussi d’un usage exagéré de méthodes importées des sciences de l’ingénierie ou de gestion. D’où une interrogation sur la mise en place de comités d'éthique agissant a priori ou bien sur l’élaboration de chartes à partir des exemples nord-américains ou scandinaves.

Cet atelier aura pour objectif de répondre à la question centrale : quelles méthodologies (outils, postures, règles) les SIC revendiquent-elles pour étudier les phénomènes liés au numérique ?

Les participant.e.s reviendront, par exemple, sur l'articulation entre méthodes qualitatives et quantitatives et essaieront de dégager une position commune sur l'usage croissant des Digital Methods par les chercheurs en SIC. Ils.elles tenteront aussi de proposer une nouvelle éthique de la recherche sur l'information et la communication numériques, à la lumière notamment des travaux initiés par la SFSIC et certaines unités de recherche sur cette thématique sensible.

 

 

Atelier 4

Digitalisation des formations et implication des formateurs : SIC et innovation pédagogique
L. Collet (SFSIC) et N. Pélissier (CPDirSic) Programme

Les unités d’enseignement et les diplômes intitulés « Humanités numériques » ou Digital Studies ont récemment enrichi l’offre de formation en SIC. Ces formations font état en général d’approches pluridisciplinaires et rapprochent les SIC de l’informatique et des outils ou méthodes dites « digitales ». Le dilemme se fait jour entre deux postures : développer des formations spécifique HN/DS, ou bien renforcer les enseignements sur l'écosystème numérique au sein des formations disciplinaires. Quel que soit le choix, la difficulté persiste d’actualiser les compétences des enseignant.e.s et la transmissions des savoirs dans un domaine où le renouvellement des techniques de collecte et de traitement des données est de plus en plus rapide, et où la place accordée aux savoir-faire techniques et à la maîtrise logicielle est dominante... ou alors absente. Par ailleurs, les techniques de pédagogie dites « innovantes » et les « tiers-lieux » (co-working, fablabs, ateliers créatifs, etc.) sont promus par les acteurs.trices du territoire et par un discours d’escorte généralisé... à tel point que les structures d’enseignement s’en dotent, progressivement ou à marche forcée, ce qui ne va pas sans poser certains problèmes de fond qui interpellent la recherche en SIC.

Cet atelier répondra à la question centrale : quels sont les enseignements fondamentaux qui devraient constituer le socle de compétence de la littéracie numérique au sein de formations disciplinaires ou pluridisciplinaires ?

Les participant.e.s interrogeront notamment la place de l'apprentissage des littératies numériques en licence et enseignements de conduite de projet en masters, les liens renouvelés entre la formation et la recherche sur le numérique – y compris à l’échelon doctoral – et les types d'unités de recherche disciplinaires et interdisciplinaires mis en place à cet effet. Ils tenteront aussi de mieux cerner les métiers auxquels ces formations préparent (« data journaliste » ou « designer d'interface » par exemple).

 

PROGRAMME

  • 9h30 : Accueil

  • 10h : Présentation de la journée (D. Raichvarg, président de la SFSIC J. Walter, président de la CPDirSIC S. Bouchardon, directeur du Costech)

  • 10h15 : Introduction des objectifs de la journée (F. Paquienséguy, N. Pélissier)

  • 10h30 : Travail en atelier : première partie

  • 12h30 : Buffet offert aux inscrit.e.s

  • 14h : Travail en atelier : seconde partie

  • 16h : Restitution du travail des ateliers

  • 17h30 : Bilan de la journée (D. Raichvarg, président de la SFSIC J. Walter, président de la CPDirSIC S. Bouchardon, directeur du Costech)

     

    Modalités pratiques

    Adresse : Institut de management de l’information, 62 boulevard de Sébastopol, Paris. Un code d’accès sera communiqué aux participant.e.s

    RER lignes A B C D : station Châtelet-les Halles (sortie Pierre Lescot) Métro ligne 4 : stations Étienne Marcel ou Réaumur Sébastopol Parkings : Sébastopol Beaubourg ou Saint-Martin

    La participation est gratuite, mais l’inscription est obligatoire car chaque atelier accueillera 10 personnes maximum, merci donc décrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. en indiquant latelier de votre choix.
    La date de la séance de septembre sera fixée le 16 mars.