Et maintenant ?

Chers adhérents,

Des jours sombres viennent de s’écouler.
Des attentats rapidement, sinon instantanément, partagés par le monde entier. De nombreux morts, dans des circonstances tragiques et complexes, des morts appartenant à différents groupes sociaux, de différentes origines et de différents pays. La Sfsic a réagi comme tout un chacun, au nom de la liberté de la presse, au nom de l’humanisme et de la culture, au nom des cultures, en engageant aussi ses adhérents à des moments d’interrogation avec les étudiants en SIC et des autres disciplines.
Vient maintenant un temps d’analyse, nécessaire pour la Société dans son ensemble et qui peut être menée avec profit par nous-mêmes, chercheurs et enseignants-chercheurs en Sciences de l’Information et de la Communication.

Un premier temps vous est proposé à travers la Revue Française des Sciences de l’Information et de la Communication. Son numéro 6 sera précédé d’un « à propos » signé de Gino Gramaccia et Christian Le Moënne, rédacteurs en chef et Présidents d’Honneur de la Sfsic et de moi-même, son Président. Cet « à propos » sera enrichi de textes émanant de vos administrateurs avec leur sensibilité épistémologique, tant les événements méritent une analyse diversifiée que les Sciences de l’Information et de la Communication peuvent proposer, portant la marque de leur origine interdisciplinaire et de leurs filiations théoriques plurielles. D’autres moments d’interrogations suivront.

La fin de l’année 2014 avait été marquée par la disparition de notre collègue Geneviève Jacquinot-Delaunay, Professeure en Sciences de l’Éducation à l’Université Paris VIII. Tous ceux qui l’ont approchée témoignent de son implication permanente dans son travail, de sa générosité envers les autres, de son humanisme. Geneviève a aussi été Vice-Présidente de la Sfsic de 1986 à 1990 en charge de la formation, d’abord sous la présidence d’Anne-Marie Laulan puis, à partir de 1988, sous celle de Bernard Miège. Une Vice-Présidente issue des Sciences de l’Éducation (70e section du CNU) pour une société savante bien évidemment ancrée dans les Sciences de l’Information et de la Communication, dans la 71e section du CNU mais pas exclusivement, cela, comme l’écrit Bernard Miège, « étonnera peut-être aujourd’hui ». Il y a pourtant, à travers cette position, la reconnaissance d’un croisement fertile, d’un enrichissement des problématiques de recherche et des formations. Une orientation que Geneviève a initiée comme sémiologue des images fixes et animées diffusées dans la sphère de l’éducation. Une orientation sans doute encore plus nécessaire aujourd’hui avec les Tic et les humanités numériques, avec les questions aussi posées par leur rôle dans les événements qui viennent et continuent de se dérouler.

Le Bureau