Evénements

Nouveaux collectifs de coproduction de corpus numériques

Journée d’étude 7 mars 2016, CNAM, Paris

Nouveaux collectifs de coproduction de corpus numériques :  communs de la connaissance, communautés épistémiques et au-delà

 

Inscription avant le 20 février 2016 (voir bas de page)

Texte de cadrage

Nous souhaitons réunir des chercheurs proposant des approches complémentaires pour saisir les enjeux des situations où des collectifs d’acteurs coproduisent et constituent des corpus numériques élaborés à des fins de conservation et de valorisation patrimoniale ou de production de connaissances scientifiques. Qu’il s’agisse de bases de données, bases bibliographiques, collections numériques ou corpus annotés, ces ensembles sont le plus souvent issus de la numérisation de documents (documents d’archive, collections patrimoniales de bibliothèques, d’archives ou de musées). La constitution de ces corpus numériques requiert la coopération et la collaboration de différents acteurs issus d’institutions culturelles et des milieux de la recherche, mais aussi parfois la contribution directe d’internautes par l’intermédiaire de plateformes numériques, qui médiatisent des pratiques de partage d’information (Proulx, Garcia, Heaton, p. 2) dont il s’agira de questionner les spécificités. Nous souhaitons fédérer des réflexions caractérisant ces pratiques individuelles et collectives mobilisées autour de la constitution et de l’exploitation de ces nouveaux dispositifs de médiation de l’information scientifique et du patrimoine numérisé. Pensons, par exemple, aux plateformes de crowdsourcing orientées vers des projets patrimoniaux (Ridge, 2014) ou académiques (Dunn et Hedges, 2014). Ces travaux participent à la compréhension de l’émergence de nouveaux publics des institutions culturelles et de nouveaux processus de patrimonialisation ; ils participent aussi à la compréhension des collectifs impliqués dans la production des savoirs mobilisant des corpus librement partagés (en science de la nature, histoire, généalogie).
Les réflexions issues de différentes disciplines – notamment : sociologie et histoire des sciences et des techniques, anthropologie, sciences de l’information et de la communication – pourront nous aider à questionner les enjeux et les pratiques de ces nouveaux collectifs à partir de différentes problématiques, en particulier : en quoi les pratiques de ces collectifs peuvent-elles constituer de nouveaux « communs de la connaissance »? Conduisent-elles à la production de nouvelles interprétations des documents et corpus numérisés ? Nous serons attentifs notamment aux thématiques suivantes : les rapports de pouvoir et de savoir entre acteurs impliqués dans la co-construction de corpus ; la spécificité des pratiques documentaires qu’ils mobilisent ; les relations de ces collectifs aux communautés, organisations et réseaux épistémiques déjà existants ; les formes des mobilisations et des dispositifs utilisés pour constituer les corpus ; ou encore, les formes d’appropriation et d’interprétation des documents par les différents publics qui les utilisent, tout au long de la constitution des corpus et aussi, une fois qu’ils sont stabilisés.

 

Pistes bibliographiques

Dunn, Stuart et Hedges, Mark (2014), « How the Crowd Can Surprise Us : Humanities Crowdsourcing and the Creation of Knowledge », in Ridge, Mia (dir.) Crowdsourcing our Cultural Heritage, Surrey, Ashgate, p. 231-247.
Heaton, Lorna et Millerand, Florence (2013), « La mise en base de données de matériaux de recherche en botanique et en écologie », Revue d’anthropologie des connaissances, vol. 7, n° 4, p. 885-913.
Heaton, Lorna et Proulx, Serge (2012), « La construction locale d’une base transnationale de données en botanique », Revue d’anthropologie des connaissances, vol. 6, n° 1, p. 141-162.
Hess, Charlotte et Ostrom, Elinor (eds), Understanding knowledge as a commons, MIT Press, 2007.
Le Crosnier, Hervé (2011), « Les communs de la connaissance : un autre regard sur l’information », Documentaliste-Sciences de l’Information, vol. 48, p. 48-59.
Le Marec, Joëlle (2007), Publics et musées, la confiance éprouvée, Paris, L’Harmattan.
Millerand, Florence (2012), « La science en réseau. Les gestionnaires d’information « invisibles » dans la production d’une base de données scientifiques », Revue d’anthropologie des connaissances, Vol. 6, n° 1, p. 163-190.
Paré, Daniel J., Millerand, Florence, Heaton, Lorna (2014), “Bridging Communication and Science and Technology Studies”, Canadian Journal of Communication, vol 39, n°4.
Proulx, Serge, Garcia, J.-L, et Heaton Lorna (dir.), La contribution en ligne : Pratiques participatives à l’ère du capitalisme informationnel, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2014.
Ridge, Mia (dir.) (2014), Crowdsourcing our Cultural Heritage, Surrey, Ashgate.
Saou-Dufrêne, Bernadette (dir.) (2014), Heritage and digital humanities : how should training practices evolve ? Zürich, Berlin : LIT Verlag.
Wiggins A. et Crowston K. (2011), « From Conservation to Crowdsourcing: A Typology of Citizen Science. », 44e Hawaii International Conference on System.
Zacklad, Manuel et Chupin, Lisa (2015), « Le crowdsourcing scientifique et patrimonial à la croisée de modèles de coordination et de coopération hétérogènes : le cas des herbiers numérisés », Revue canadienne des sciences de l’information et de bibliothéconomie, n°39, p. 308-328.

Organisation et financement

Cette journée, à l’initiative de Serge Proulx, Florence Millerand, Lorna Heaton (LabCMO, UQAM), Manuel Zacklad et Lisa Chupin (DICEN-IDF, Le CNAM), responsable de l’organisation, bénéficie du financement de l’Infrastructure Nationale en Biologie et Santé e-ReColNat (ANR-11-INBS-0004) et d’une subvention du Conseil de la recherche en sciences humaines du Canada.

Inscription

Pour faciliter l’organisation, merci de bien vouloir nous indiquer votre présence, par mail avant le 20 février 2016 à l’une des deux adresses suivantes (sans espace) :
dicen . erecolnat @ gmail . com
lisa . chupin @ cnam.fr

Programme et accès : voir http://www.dicen-idf.org/evenement/nouveaux-collectifs-de-coproduction-de-corpus-numeriques-communs-de-la-connaissance-communautes-epistemiques-et-au-dela/


JE - Digital Studies et SIC - divergences ou complémentarités ?

 

DIGITAL STUDIES et SIC

Journée d’étude de la Commission Recherche
et Animation de la Recherche
30 Mars 2016

 

Attention :
Nombre de places limité à 40
Journée gratuite mais accessible uniquement sur inscription auprès de Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Adhérents Sfsic prioritaires. La Sfsic ne prendra en charge aucun frais de mission afférent à cette journée)

La journée est accueillie par le CNAM
Salon d’Honneur 292, rue Saint-Martin, 75141 Paris
(M° Arts et Métiers)

 

Comme l’indique son titre, cette journée de réflexion souhaite questionner le positionnement des Sciences de l’Information et de la Communication sur le « numérique », mais aussi celui d’autres disciplines, nouvelles ou plus anciennes qui tentent de l’appréhender.
En mai 2015, lors de ses journées doctorales, la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication avait déjà organisé une table-ronde sur les Humanités Numériques, en montrant notamment l’ambivalence de ce syntagme. Les méthodologies et outils proposés nous ouvrent des perspectives d’ordre quantitatif, selon que les corpus maniés sont, ou bien construits par les chercheurs comme un véritable objet de recherche, ou bien considérés selon les critères et modalités qui ont présidé à leur constitution lorsque celle-ci est antérieure. Dans le même temps, ces moyens n’entraînent aucune économie quant à la formulation d’hypothèses préalables et la construction d’une problématique ancrée dans la discipline.
Le 30 mars 2016, la Sfsic souhaite réfléchir à ses approches plus spécifiques du « numérique », qu’elle a vu se constituer au travers d’études et de programmes de recherche d’envergure sur l’information, les métadonnées et les transformations à l’œuvre dans différentes catégories d’acteurs : les médias, qui ont été parmi les premières industries culturelles à numériser leurs chaînes de production ; les usagers, aux prises avec les bases de données, l’ordinateur, les contenus numériques, et les réseaux ou médias sociaux ; enfin les discours et les stratégies de l’ensemble des acteurs impliqués dans le phénomène numérique. De nombreuses expressions très présentes nous préoccupent par les logiques qu’elles portent et les enjeux qu’elles impliquent, sans pouvoir toutes les citer nous pensons aux territoires numériques, à la créativité, aux innovations communicationnelles, aux pro-am, aux objets connectés, aux big ou smart datas, sans parler des smart cities, à l’économie créative, aux livinglab, fablab : notre discipline est sollicitée.
De fait, notre communauté scientifique analyse et étudie depuis maintenant plus de 30 ans les manifestations, les représentations, les modèles économiques ou les stratégies liées à la mise en réseau, à la dématérialisation de l’information, et à celles des contenus ou programmes, aux statuts des usagers et à la place des usagers, etc. Pour cerner ce champ, ou ce courant de recherche (l’important n’est pas là), on peut évoquer trois types de travaux : les études de cas ou enquêtes de terrain longitudinales qui montrent les changements à l’œuvre dans des filières historiques et témoignent de leur généralisation ; les montées en théorisation questionnant les théories et les concepts qui nous sont familiers en les confrontant à une réalité sociale et économique transformée ; enfin, les propositions de concepts ou de problématisation, pensés comme des outils spécifiques à la réalité contemporaine, qu’il s’agisse de modèles ou de notions. Indispensables et complémentaires, ces trois approches montrent bien que notre objet, celui de l’information-communication s’est transformé, en profondeur autant qu’en extension, autour des technologies, des économies et des pratiques liées au numérique. Quel chercheur en Sciences Humaines et Sociales, ne prend pas en compte la dimension numérique des phénomènes qu’il étudie ?
Certes, celles-ci actent cette mutation au travers des Humanités Numériques, paradigme ouvert défini par un manifeste et largement relayé par les intitulés des masters récemment habilités, ainsi que les profils de poste à venir, et autres témoins académiques de l’évolution de notre discipline. Dominique Boullier, quant à lui, annonce une « troisième génération de sciences sociales »1. Devons-nous donc prophétiser une « deuxième génération » des SIC ? Après tout, celles-ci ont plus de quarante ans d’existence, et se sont constituées au cœur de l’informatisation de la société2. Ne faut-il donc pas saisir l’opportunité de revisiter notre discipline à l’ère numérique ?
Serions-nous ainsi en train de constituer une nouvelle approche des Sciences de l’Information et de la Communication, au sens des Digital Studies, telles que Stiegler les définit : « on pose que l’évolution numérique de l’extériorité technique, et des processus d’intériorisation que celle-ci provoque en retour, constitue un nouvel âge de l’esprit, une nouvelle vie de l’esprit, un nouvel esprit qui serait rendu possible par cette nouvelle forme de l’écriture qu’est selon nous le numérique qui impose de repenser l’esprit lui-même en totalité »3. Cette conception à la fois limitée et ouverte intègre la « toxicité » du numérique, tout en l’instituant comme pharmakon contemporain4 dont les vertus curatives seraient à valoriser.
Jusqu’à quel point le « numérique » imprègne-t-il donc notre discipline ? Il est présent dans nos terrains, nos méthodologies, les théories et définitions que nous pensons, nos pratiques professionnelles, ainsi que dans les nouvelles formations que nous proposons, etc. Que sont les SIC aujourd’hui au regard de ces multiples manifestations de la digitalisation ?
La Commission Recherche de la Sfsic souhaite partager ce questionnement. Comme le rappelait l’appel à articles pour le numéro 8 de la RFSIC : « les Sciences de l’information et de la communication ont de longue date développé des théories et des paradigmes qui permettent de saisir et d’analyser les changements affichés par le numérique ». Ne faut-il pas aller au-delà aujourd’hui ?
Cette journée proposée par notre commission, première du genre, a pour objectif central de proposer un espace de discussion et d’échange aux collègues et aux étudiants de la discipline (tout particulièrement les doctorants), mais pas seulement. En effet les enjeux des transformations liées au numérique ne se réduisent pas à une approche disciplinaire, mais ouvrent vers un regard réflexif que les Sciences de l’Information et de la Communication gagneront à instruire et à construire.
Cette réflexion a été entamée lors de la table-ronde d’ouverture des Doctorales de Lille en juin 2015, consacrée aux dangers méthodologiques des big data et corpus déjà constitués, se poursuivra dans le numéro de la RFSIC titrant Humanités Numériques, à paraître en février, s’ouvrira dans le cadre de la journée du 30 mars, et sera (provisoirement) conclue lors du XXe Congrès en juin 2016.
Un « manifeste » scientifique tentera de formaliser enjeux disciplinaires, problématiques contemporaines et objets actuels, ou virtuels !


La Commission Recherche et Animation de la Recherche de la SFSIC


1 Dominique Boullier, Les Sciences sociales face aux traces du big data ? Société, opinion et répliques, FMSH-WP-2015-88, avril 2015
2 Simon Nora, Alain Minc, L'Informatisation de la Société, Paris, La Documentation française, 1978
3 Bernard Stiegler, Pharmacologie de l’épistémè numérique, in B. Stiegler (dir) Digital Studies Organologie des savoirs et technologies de la connaissance, FYP, 2014, p. 14
4 Idem p. 15

 


 

PROGRAMME


9h – 9h30 Accueil café


9h30 Ouverture de la journée
Daniel Raichvarg : Président de la Sfsic et Françoise Paquienséguy : Vice-Présidente Recherche de la Sfsic

10h Introduction à la journée
Digital Studies : Dépasser le numérique ? Françoise Paquienséguy – Elico / Sciences-Po Lyon
Les problématiques centrales de notre discipline ont été progressivement affectées par « le numérique », ses idéologies, ses technologies, ses représentations, ses contenus, ses pratiques voire, pour certains, sa culture. Ces transformations ont influencé notre discipline, la menant à étudier principalement les « effets » du numérique sur ses terrains et objets, jusqu’à se trouver dispersée, des objets connectés à leurs controverses, en passant par l’Open data et les patrimoines immatériels, sans oublier les industries créatives et territoires virtuels. Jusqu’où irons-nous ainsi ? L’idée sera alors de dépasser le numérique et ses propres questionnements, afin de reporter nos discussions et travaux sur des notions, objets et problématiques que nous ne devons pas délaisser et qui ont forgé notre discipline, comme par exemple les médias, les usages, la médiation, l’information, le territoire, les modèles économiques...

10h30 – 11h
D’un nouvel objet de savoir au milieu de tout nouvel objet
Louise Merzeau – Dicen – IDF / Université Paris 10
En l’espace d’une quinzaine d’années, un déplacement général s’est opéré : de nouvel objet d’étude, le numérique est devenu le milieu de tout nouvel objet, à la fois écosystème et horizon de toute nouvelle question de recherche. Parallèlement, les SIC ont vu leur structuration comme leur position par rapport aux autres disciplines évoluer. De périphérique, leur expertise s’est retrouvée au cœur des stratégies industrielles comme des politiques publiques et des grands débats de société. Dans le champ même de la discipline, la question de l’usage s’est progressivement recentrée, à mesure que la traçabilité numérique et la personnalisation de l’information en faisaient un enjeu économique, éthique et culturel majeur.

11h – 11h30
Humanités digitales: éléments pour une réflexion épistémologique
Valérie Carayol – MICA /Université Bordeaux Montaigne
Les humanités digitales peuvent être considérées comme un domaine d'investigation aux contours flous. L'exposé cherchera à clarifier leur périmètre. Après avoir remis en perspective le contexte de déploiement de la réflexion sur les Humanités digitales, il s'attachera à distinguer trois grandes conceptions de ce champ d'étude, qui développent des perspectives différentes sur les technologies de communication numériques. L'exposé
soulignera leurs apports respectifs proposant ainsi quelques éléments pour une réflexion épistémologique.

11h30 – 13h
Débat avec les participants
Animation : Nicolas Pelissier – I3M / Université de Nice

Pause déjeuner (buffet offert aux participants inscrits)

14h -14h30
Écritures numériques et SIC
Serge Bouchardon – Costech / Sorbonne Universités - Université Technologique de Compiègne
Le numérique se caractérise par une double coupure, matérielle mais aussi sémantique (Bachimont). La tension entre numérique et sens est cruciale pour analyser les écritures numériques dans une acception large, à savoir toutes les pratiques d'écriture sur un support et avec des outils numériques. Les SIC approchent les dispositifs d’écriture numérique en questionnant cette tension entre numérique et sens, notamment en articulant approches techno-sémiotique et socio-politique. Si les démarches existantes en SIC seront présentées, des propositions seront également faites dans le sens d’une recherche-conception, qui fait l’hypothèse que la recherche peut procéder non pas seulement d’un comprendre pour faire, mais également d’un faire pour comprendre. Cette approche n’est pas si courante en SIC et peut pourtant s’avérer pertinente pour des objets tels que les écritures numériques, encore en constitution, en donnant des opportunités de penser autrement et de percevoir l’irruption d’un sens inédit.

14h30h-15h
Entre information et communication : pourquoi les SIC sont-elles idéalement placées pour étudier les transformations numériques et contribuer à les humaniser ?
Manuel Zacklad – Dicen – IDF / CNam
Dans cette présentation, nous adopterons successivement le point de vue des sciences de l’information puis celui des sciences de la communication pour montrer comment, dans leurs développements actuels, elles ne peuvent plus se passer l’une de l’autre. Dans la perspective des sciences de l’information, les dimensions sociales sont aujourd’hui indispensables pour appréhender l’architecture des nouveaux espaces documentaire du web, d’un point de vue théorique comme pratique. Ces dimensions ont, par exemple, profondément transformé les systèmes d’organisation des connaissances intellectuels et automatiques qui structurent l’accès au savoir.
Dans la perspective des sciences de la communication, que la focale soit sur les communications organisationnelles ou sur la structuration des filières industrielles et servicielles, il n’est plus possible de s’intéresser aux phénomènes communicationnels sans prendre en compte les nouvelles formes de remédiation introduites par les plateformes numériques. Les nouveaux dispositifs qu’elles rendent possibles interviennent aussi bien dans la transformation de certaines relations interpersonnelles, avec la généralisation de l’usage des réseaux socio-numériques, que dans la refonte des processus d’affaire et la gouvernance de l’espace public dans le cas de l’économie collaborative et de la ville intelligente.
Nous montrerons également que cette perspective duale permet d’intervenir utilement dans les projets de conception et les débats de société, en évitant à la fois de souscrire aux mythes du caractère inéluctable de l’automatisation généralisée et de l’intelligence artificielle triomphante qu’aux discours issus des imaginaires technophobes.

15h – 16h30
Débat avec les participants
Animation : Julia Bonaccorsi -- Elico – Université Lyon2

16h30 – 17h00
Synthèse des débats
Julia Bonaccorsi – Nicolas Pelissier – Françoise Paquienséguy
Mise en avant des enjeux théoriques et stratégiques Définition des quelques questions clefs

PROGRAMME PDF


 

Julia BONACCORSI
Julia Bonaccorsi est Professeure en Sciences de l'information et de la communication et membre d’ELICO (EA 4147) à l'Université de Lyon. Ses travaux portent sur la culture écrite et les transformations médiatiques du texte et de l'image et elle anime l'axe Humanités Numériques de l'ISH de Lyon. Elle a publié en septembre 2015 « Quelle réflexivité médiatique pour les Humanités numériques ? La numérisation des manuscrits littéraires », Les Enjeux de l’information et de la communication.

Serge BOUCHARDON
Serge Bouchardon (http://www.utc.fr/~bouchard/), agrégé de lettres modernes, chef de projet pendant six ans dans l’industrie du multimédia éducatif, est actuellement Professeur en sciences de l'information et de la communication à l’Université de technologie de Compiègne et Directeur du laboratoire Costech (http://www.costech.utc.fr/). Son travail de recherche porte sur les écritures numériques, en particulier sur la littérature numérique. Dans le cadre du projet PRECIP (http://precip.fr), il s’est intéressé à l’enseignement de l’écriture numérique.
Dernier livre paru : La valeur heuristique de la littérature numérique, Hermann, collection « Cultures numériques », Paris, 2014.

Valérie CARAYOL
Valérie CARAYOL est professeur des Universités en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Bordeaux Montaigne, rattachée au laboratoire MICA Médiation, Information, Communication, Arts, (EA 4426). Elle est directricedelapublicationdelarevuescientifiquefrançaiseCommunication&Organisation.Elleaété présidentede l’association européenne de chercheurs en communication organisationnelle et relations publiques Euprera de 2010 à 2014 et membre élue du CNU 71 de 2007 à 2015. Ses travaux s’intéressent principalement à la communication organisationnelle, aux temporalités sociales et organisationnelles et à la thématique des humanités digitales.

Louise MERZEAU
Louise Merzeau est MCF HDR en SIC à Paris Ouest Nanterre et directrice adjointe du Dicen-IDF, où elle dirige l’axe “Traçabilité, mémoires et identités numériques”. Ses travaux portent sur les rapports entre mémoire et information, l’éditorialisation, la présence et la culture numériques. Elle pilote les Ateliers du dépôt légal du web à l'Ina. Présidente du Conseil scientifique de l’Enssib, elle est également membre du CS de Wikimédia France et de la chaire “L’Humain au défi du numérique” au collège des Bernardins. Elle codirige la collection “Intelligence numériques” aux Presses de Paris Ouest et participe au comité de lecture de Médium, I2D, Intermédialités et Études digitales.
Site:http://merzeau.net Publications:http://www.dicen-idf.org/membre/merzeau-louise/

Françoise PAQUIENSÉGUY
Françoise Paquienséguy est professeur des Universités de Sciences de l’Information et de la Communication à Sciences Po Lyon et membre de l’Unité de Recherche ELICO (EA 3133) Équipe lyonnaise de recherche en sciences de l’Information et de la Communication. Spécialiste des usages des Technologies de l’Information et de la Communication Numériques (TICN), elle s’interroge à la fois sur l’appareil théorique nécessaire à l’étude des usages de certaines de ces TICN et à l’évolution de ces usages à l’heure du participatif et réseaux sociaux. Elle questionne tout particulièrement les notions de dispositif, de figure d'usages et d'appropriation d’un point de vue théorique et sur le terrain.
Derniers livres parus : Lectorat numériques : pratiques et usages, Editions des Archives contemporaines, 2015 ; Open Data, accès, collectivités territoriales et citoyenneté : des problématiques communicationnelles. Editions des Archives contemporaines, 2016

Nicolas PELISSIER
Nicolas Pélissier est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (1986), de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (1995) et docteur en sciences politiques (Université Paris IX-Dauphine, LCP/CNRS, 1996). Nommé Maître de conférences à l’IUT information-communication de l’Université de Nice Sophia Antipolis, il a été l’un des fondateurs en 2003-2004 de l’Ecole de Journalisme actuellement basée à Cannes. Nommé depuis 2011 Professeur à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de cette université, il est directeur adjoint du département des sciences de la communication et secrétaire général du laboratoire I3M, où il dirige aussi le séminaire doctoral, le master recherche et le master européen trinational "Médias, communication, culture". Il est par ailleurs professeur invité à l’Université de Genève et aux deux masters francophones en sciences de la communication de l’Université de Bucarest.

Manuel ZACKLAD
Manuel Zacklad est professeur du CNAM en Sciences de l’Information et de la Communication et titulaire de la Chaire « Expressions et Cultures au Travail ». Il est le directeur du laboratoire Dicen-IDF (Dispositifs d’information et de communication à l’ère du numérique en Ile de France, EA 7339). Ses recherches actuelles portent, d’une part, sur le travail coopératif et la gestion des connaissances appliqués à l’étude des communautés virtuelles, à la socio-économie des services, à l’économie de fonctionnalité, et d’autre part, sur les systèmes d’organisation des connaissances (SOC) et la théorie du document pour la conception de systèmes de partage d’information et de coopération via le web dans des contextes professionnels, citoyens et culturels.

JE SFSIC - Digital Studies et SIC

DIGITAL STUDIES et SIC : DIVERGENCES OU COMPLÉMENTARITÉS ?
30 Mars 2016 - CNAM, Paris

Comme l’indique son titre, cette journée de réflexion souhaite questionner le positionnement des Sciences de l’Information et de la Communication sur le « numérique », mais aussi celui d’autres disciplines, nouvelles ou plus anciennes qui tentent de l’appréhender.

En mai 2015, lors de ses journées doctorales, la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication avait déjà organisé une table-ronde sur les Humanités Numériques, en montrant notamment l’ambivalence de ce syntagme. Les méthodologies et outils proposés nous ouvrent des perspectives d’ordre quantitatif, selon que les corpus maniés sont, ou bien construits par les chercheurs comme un véritable objet de recherche, ou bien considérés selon les critères et modalités qui ont présidé à leur constitution lorsque celle-ci est antérieure. Dans le même temps, ces moyens n’entraînent aucune économie quant à la formulation d’hypothèses préalables et la construction d’une problématique ancrée dans la discipline.


Le 30 mars 2016, la Sfsic souhaite réfléchir à ses approches plus spécifiques du « numérique », qu’elle a vu se constituer au travers d’études et de programmes de recherche d’envergure sur l’information, les métadonnées et les transformations à l’œuvre dans différentes catégories d’acteurs : les médias, qui ont été parmi les premières industries culturelles à numériser leurs chaînes de production ; les usagers, aux prises avec les bases de données, l’ordinateur, les contenus numériques, et les réseaux ou médias sociaux ; enfin les discours et les stratégies de l’ensemble des acteurs impliqués dans le phénomène numérique. De nombreuses expressions très présentes nous préoccupent par les logiques qu’elles portent et les enjeux qu’elles impliquent, sans pouvoir toutes les citer nous pensons aux territoires numériques, à la créativité, aux innovations communicationnelles, aux pro-am, aux objects connectés, aux big ou smart datas, sans parler des smart cities, à l’économie créative, aux livinglab, fablab : notre discipline est sollicitée.

De fait, notre communauté scientifique analyse et étudie depuis maintenant plus de 30 ans les manifestations, les représentations, les modèles économiques ou les stratégies liées à la mise en réseau, à la dématérialisation de l’information, et à celles des contenus ou programmes, aux statuts des usagers et à la place des usagers, etc. Pour cerner ce champ, ou ce courant de recherche (l’important n’est pas là), on peut évoquer trois types de travaux : les études de cas ou enquêtes de terrain longitudinales qui montrent les changements à l’œuvre dans des filières historiques et témoignent de leur généralisation ; les montées en théorisation questionnant les théories et les concepts qui nous sont familiers en les confrontant à une réalité sociale et économique transformée ; enfin, les propositions de concepts ou de problématisation, pensés comme des outils spécifiques à la réalité contemporaine, qu’il s’agisse de modèles ou de notions. Indispensables et complémentaires, ces trois approches montrent bien que notre objet, celui de l’information-communication s’est transformé, en profondeur autant qu’en extension, autour des technologies, des économies et des pratiques liées au numérique. Quel chercheur en Sciences Humaines et Sociales, ne prend pas en compte la dimension numérique des phénomènes qu’il étudie ?
Certes, celles-ci actent cette mutation au travers des Humanités Numériques, paradigme ouvert défini par un manifeste et largement relayé par les intitulés des masters récemment habilités, ainsi que les profils de poste à venir, et autres témoins académiques de l’évolution de notre discipline. Dominique Boullier, quant à lui, annonce une « troisième génération de sciences sociales » . Devons-nous donc prophétiser une « deuxième génération » des SIC ? Après tout, celles-ci ont plus de quarante ans d’existence, et se sont constituées au cœur de l’informatisation de la société . Ne faut-il donc pas saisir l’opportunité de revisiter notre discipline à l’ère numérique ?

Serions-nous ainsi en train de constituer une nouvelle approche des Sciences de l’Information et de la Communication, au sens des Digital Studies, telles que Stiegler les définit : « on pose que l’évolution numérique de l’extériorité technique, et des processus d’intériorisation que celle-ci provoque en retour, constitue un nouvel âge de l’esprit, une nouvelle vie de l’esprit, un nouvel esprit qui serait rendu possible par cette nouvelle forme de l’écriture qu’est selon nous le numérique qui impose de repenser l’esprit lui-même en totalité » . Cette conception à la fois limitée et ouverte intègre la « toxicité » du numérique, tout en l’instituant comme pharmakon contemporain  dont les vertus curatives seraient à valoriser.
Jusqu’à quel point le « numérique » imprègne-t-il donc notre discipline ? Il est présent dans nos terrains, nos méthodologies, les théories et définitions que nous pensons, nos pratiques professionnelles, ainsi que dans les nouvelles formations que nous proposons, etc. Que sont les SIC aujourd’hui au regard de ces multiples manifestations de la digitalisation ?
La Commission Recherche de la Sfsic à partager ce questionnement. Comme le rappelait l’appel à articles pour le numéro 8 de la RFSIC : « les Sciences de l’information et de la communication ont de longue date développé des théories et des paradigmes qui permettent de saisir et d’analyser les changements affichés par le numérique ». Ne faut-il pas aller au-delà aujourd’hui ?

Cette journée proposée par notre commission, première du genre, a pour objectif central de proposer un espace de discussion et d’échange aux collègues et aux étudiants de la discipline (tout particulièrement les doctorants), mais pas seulement. En effet les enjeux des transformations liées au numérique ne se réduisent pas à une approche disciplinaire, mais ouvrent vers un regard réflexif que les Sciences de l’Information et de la Communication gagneront à instruire et à construire.

JE - Interdiscursivité

Journée d'étude - Interdiscursivité

L'Association Lyonnaise des Étudiants Chercheurs en Sciences de l'Information et de la Communication (Alec-SIC) organise le 14 janvier 2016 une journée d'étude consacrée à la notion d'interdiscursivité.  Vous trouverez le programme détaillé de la journée à cette adresse : http://alecsic.org/jecsic2016-programme
Les inscriptions, gratuites, sont ouvertes jusqu'au 07 janvier 2016 : http://alecsic.org/jecsic2016-inscription
L'ensemble des informations concernant la journée d'étude est consultable à cette adresse : http://alecsic.org/jecsic2016

JE - Exploiter les données d'usages en bibliothèque

14 janvier 2016

Journée d'étude "Exploiter les données d’usages en bibliothèque :

pour quoi faire ?"

L’outil informatique et les usages numériques produisent des données structurées auxquelles il est possible de donner du sens. En bibliothèque, le corpus disponible couvre les données bibliographiques, les données de circulation des documents, les bases de lecteurs inscrits (anonymisées), les transactions, etc.
On peut concevoir l’exploitation des données d’usages comme levier de pilotage pour optimiser les services des bibliothèques ou bien comme outil de communication auprès des tutelles et des publics.
Dans tous les cas, exploiter les données d’usages et leur donner du sens va de pair avec l’émergence de nouvelles pratiques de recherche documentaire, de nouveaux usages scientifiques et de nouveaux services.
Comment mieux comprendre ce que sont les données d’usages ? Quels sont  les outils qui permettent de les recueillir, les traiter et les exploiter? C’est tout l’objet de cette journée professionnelle de fédérer les différentes approches et pratiques d’exploitation des données d’usages des bibliothèques qui sont au cœur des problématiques actuelles de recherche et des évolutions du métier de bibliothécaire.

Programme

    9h : Accueil
     
    9h30 – 12h30 : Comprendre les données d’usage : retours d’expériences et récits de projets.
    Table ronde avec la participation de :
        Mabel Verdi, post-doctorante en sociologie à enssibLab : Le numérique et le nomade. Les usages du livre numérique dans les bibliothèques publiques de la Région Rhône-Alpes.
        Isabelle Breuil, conservatrice des bibliothèques et Medhi Bourgeois, web designer au Labex Arts-H2H – Paris 8 : Présentation du projet Prévu.
        Olivier Zerbib, maître de conférences en sociologie chez G2i - IAE de Grenoble et Emmanuel Brandl, docteur en sociologie, ingénieur de recherche à enssibLab : Enquête quantitative et qualitative sur les données d’usage de Bibook, plateforme de livres numériques de la bibliothèque municipale de Grenoble.
        Cécile Touitou, responsable marketing de la bibliothèque de Sciences-Po Paris : Enquête Libqual+ ou la perception par les usagers de la qualité des services de leur bibliothèque.
         
    14h – 17h30 : Connaître les outils pour recueillir, traiter et exploiter les données d’usage.
    Table ronde avec la participation de :
        Julien Gilet et Jean-Christophe Peyssard, pôle Freemium d’OpenEdition : Statistiques et exploitation des données d’usage d’OpenEdition.
        Soledad Beudon, responsable de la bibliothèque du GATE Lyon Saint-Étienne, Université Jean Monnet : Statistiques SIGB Koha.
        Pause
        Thomas Jouneau, Université de Lorraine, Thomas Porquet, Couperin : Projet ezPaarse : analyse plateformes éditeurs sur AnalogIST.
        Véronique Backert, directrice générale de Dilicom : PNB.

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Adresse de l'événement :
Amphithéâtre de l'enssib
17-21 bd du 11 novembre 1918 - Villeurbanne