Activités de la commission recherche

(a) Des espaces de réflexion et de confrontation pour la recherche en Sic

– Le congrès biennal de la Sfsic est un espace de recherche en ce qu’il permet de dresser un état des lieux régulier de la recherche et de confronter nos acquis et avancées scientifiques. Les congrès de la Sfsic (dix-sept à ce jour, dix-huit bientôt !) sont l’occasion de parcourir l’ensemble des champs de recherche que les sciences de l’information et de la communication traversent et constituent, mais aussi de rechercher, sinon de trouver, une unité de la réflexion sur l’information et la communication, à travers les travaux sur les médias, techniques, médiations, signes, situations et processus communicationnels qui sont alors présentés.

– Accueillir des groupes de recherche est également une tradition pour la Sfsic, dans le cadre de laquelle travaillent notamment le groupe Org&Co, en communication organisationnelle, le Sif, sur l’industrialisation de la formation, TIC-IS (Tic, information et stratégies), sur les techniques numériques d’information et de communication... La commission recherche propose de renforcer les liens avec ces groupes, de faire le point sur leur activité, et de travailler de façon plus étroite avec leurs responsables dans la perspective d’accompagner et de valoriser leur travail.

– Ouvrir un espace d’échange et de travail aux doctorants est une des fonctions que la Sfsic remplit avec les Doctorales, journées d’échanges et de réflexion, notamment méthodologique et théorique, qui permettent aux jeunes chercheurs à la fois une souvent première diffusion de leur travaux et de rencontrer des formes d’évaluation qui peuvent différer de celles de leurs laboratoires, en favorisant les échanges transversaux entre jeunes chercheurs, notamment, et en fournissant une première image de la « communauté » scientifique. Un travail mené avec les associations de doctorants en Sic est dans cette perspective à développer, pour le succès de ces journées. Le prix « jeune chercheur » vient saluer et certainement déjà stimuler la recherche en thèse.

– Accompagner le développement de la recherche à l’international, notamment par une présence de la Sfsic dans les colloques internationaux, développer des liens avec des chercheurs et des laboratoires étrangers, mais aussi avec les associations internationales ou nationales de recherche en communication, est une politique constante de la Sfsic, menée par la commission international, qui doit être poursuivie, en accompagnement des liens que les laboratoires développent à l’international.

 

(b) Visibilité de/sur la recherche

– Mener une réflexion sur l’évaluation de la recherche en Sic est évidemment une obligation dans le contexte d’incertitude ou d’instabilité provisoire que traverse par moments notre communauté scientifique quant à l’évaluation des travaux qu’elle mène. Faire le point sur le statut des différents types de publication, faire émerger des propositions, voire simplement diffuser des informations ou critères, peut rendre service à notre communauté de chercheurs.

– Donner à voir et interpréter un panorama des laboratoires en Sic serait un projet intéressant, visant à valoriser la recherche en information-communication. Ce projet, qui s’appuie notamment sur un annuaire des laboratoires en Sic, vise à identifier les restructurations opérées au cours de ces dernières années, à la faveur (ou non) d’une visibilité des Sic dans les territoires et établissements d’enseignement supérieur. Il conviendra donc de réfléchir, en lien avec la conférence des directeurs de laboratoire, à l’opportunité et à la faisabilité d’un projet de ce type, sachant que la Sfsic est ici pleinement dans son rôle de questionnement et de valorisation de l’activité scientifique en 71ème section.

– Repérer l’inscription des Sic dans les « grands programmes » de recherche interdisciplinaires (laboratoires d’excellence, projets anr, projets européens) participe du panorama précédemment évoqué. Comment les Sic sont-elles parties prenantes de ces programmes qui, outre leur portée territoriale et leurs temporalités parfois très longues, sont réputés interdisciplinaires ? Des laboratoires en Sic en sont-ils porteurs ?  Ou y sont-ils associés ? Comment ? Cette mise en visibilité des programmes scientifiques et de leurs équipages permettrait, en dialogue avec la conférence des directeurs de laboratoire, de mieux saisir les transformations de la recherche en Sic et, ce faisant, la place des Sic dans une nouvelle  géopolitique de la recherche.

– Mettre en lumière des axes de recherches encore peu développés, nous semble, en lien avec les groupes de recherche et les laboratoires, et, notamment, par le canal de la Revue française des sciences de l’information et de la communication, pouvoir être un des apports de cette société savante qu’est la Sfsic, qui a la possibilité de « prendre du recul » par rapport aux publications et thèmes de recherche, et pourrait ainsi mettre en lumière des champs encore peu explorés en information-communication, afin de contribuer, modestement, au développement de la recherche en sciences de l’information et de la communication.

 

(c) Publicisation et publication de la recherche

– Valoriser des figures du « patrimoine » scientifique des Sic afin de contribuer au développement d’une culture commune pourrait passer, en lien avec l’important travail mené depuis plusieurs années par la Sfsic (commission communication) en matière de publication imprimée (Les cahiers de la Sfsic) et vidéo (entretiens « Doc en Sic », L’Harmattan), par la mise en place de journées consacrées à des « figures » des sciences de l’information et de la communication en France, souvent citées, mais parfois aujourd’hui peu connues, notamment des chercheurs les plus jeunes : les travaux de Jean Meyriat, Abraham Moles, Roger Escarpit, Yves Le Coadic, Jean Devèze, parmi d’autres, mais aussi celles de chercheurs contemporains, actifs, et qui ont constitué une « œuvre », comme celles de Yves Jeanneret, Jacques Perriault, Bernard Miège, Armand Mattelart, gagneraient nous semble-t-il à être, en lien avec les laboratoires, analysées, débattues, mises en lumière dans leur cohérence, ceci constituant à la fois un travail de synthèse, et de valorisation, dans une perspective de transmission.

– Développer une politique de publication inédite, en lien avec la commission communication, nous paraît essentiel pour donner à la fois de outils de mise en visibilité de la recherche et d’incitation au développement de perspectives nouvelles de recherche. Le projet de Revue française des sciences de l’information et de la communication, en cours d’élaboration, porté par Gino Gramaccia et Christian Le Moënne pour la Sfsic, s’inscrit de ce point de vue dans le cadre de la politique d’accompagnement de la recherche de la Sfsic.

– Constituer une somme d’ « acquis » provisoires de la recherche en sciences de l’information et de la communication serait une façon de donner suite au projet proposé par Jacques Perriault de constitution d’une « base de savoirs » d’acquis de la discipline, sous la forme d’un livre qui en montrerait les apports de la recherche en communication constitués par les travaux majeurs de ses chercheurs, dans les différents champs (médias, sensible, trivialité, écriture, territoires, Tic, espace public, édition, muséologie, communication organisationnelle, scientifique…). Ce projet, bien évidemment délicat à mener (équilibre et arbitrages), et potentiellement ambivalent, pourrait, nous semble-t-il, contribuer à une valorisation et à une meilleure identification de la discipline. Il pourrait trouver une juste place dans la revue française des Sciences de l’information et de la communication.

– Informer de l’actualité de la recherche en Sic, par un agenda, des notes brèves, voire des comptes-rendus de colloques, nous semble, en complément du contenu proposé par le site de la Sfsic, et en lien avec la future revue des sciences de l’information et de la communication, un service utile à rendre à la communauté scientifique, quand bien même l’information serait profuse.

 

(d) Recherche et formation

– Proposer des ponts entre formation et recherche est une nécessité pour la Sfsic, notamment dans le cadre de la formation doctorale. Il s’agit à la fois de discuter et accompagner la formation par la recherche et la formation à la recherche, mais aussi de favoriser le travail sur la formation comme objet de recherche (par ex. sur la question des « compétences » en communication). L’indistinction officielle entre les anciens masters recherche et les masters professionnels pose, en effet, plusieurs questions : que reste-t-il d'une offre de formation recherche en Sic en master ? Quels sont les effets observables dans les formats et contenus des spécialités et parcours de formation ? Quelle visibilité pour la recherche info-communicationnelle dans cette structuration nouvelle ? Si les universités en appellent à un « pilotage par la recherche », comment celui-ci se manifeste-t-il dans l'offre de formation ? Celle-ci est-elle directement dépendante des positions scientifiques occupées ou défendues par leurs laboratoires de rattachement ? Quelles sont les politiques développées par les Ecoles doctorales en matière d'admission en thèse en Sic pour les titulaires d'un master ? Quels moyens les laboratoires déploient-ils en faveur de l'orientation et du suivi des doctorants ? Dans quelle mesure les doctorants prennent-ils part à l'activité des laboratoires ? Sont-ils constitués en collectifs ou associations (comme, par ex., Parcoursic) ? La Sfsic peut-elle les y aider (au-delà des journées doctorales) ? A ces questions, portées par la commission formation, la commission recherche peut également réfléchir.

 

Des travaux ont été conduits en Sic qui interrogent l’institutionnalisation sociale et cognitive, notamment en regard des formations. Comment poursuivre, au temps présent, cette histoire des Sic et la place qu'y occupent les formations ? La réflexion sur la professionnalisation mérite de n’être pas circonscrite à l'évolution des métiers et à ce qu'en disent les professionnels en exercice. Elle suppose aussi que soient interrogés et défendues, notamment auprès des tutelles, les formations comme « objet de recherche » en Sic. En lien avec la commission formation et les chercheurs intéressés par ces questions, la commission recherche voudrait produire un travail d'observation et d'analyse susceptibles d'instruire différents dossiers thématiques : « Professionnalisation(s) en SIC ? », « Quelles théories de l'information et de la communication dans les formations ? », « un socle commun pour la licence ? », « l'insertion professionnelle des diplômés », « la formation et la recherche à l’aune des campagnes de recrutement… ».

 

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Ces actions, qui croisent diverses commissions de la Sfsic (international, formation, communication et valorisation) ne peuvent naturellement être menées que collectivement, en lien avec des correspondants régionaux de la Sfsic, par les chercheurs soucieux de voir se développer une plateforme, formelle et informelle, d’accompagnement transversal de la recherche en Sic en France.