Art numérique & réseaux 17/10/05

Journée d'étude - débat - Université Paris VIII
Olivier Auber, Jean-Louis Boissier, Anne Cauquelin, Fred Forest, Louise Poissant, Pierre Musso

17 octobre 2005 - de 9H à 13H30
Bâtiment B, 1er étage, salle B 106
(Entrée libre dans la limite des places disponibles)

Programme et résumé des interventions

Programme

* 9H00 Présentation de la demi-journée, Anolga Rodionoff
* 9H15 Perspective numérique, Olivier Auber, artiste
* 9H45 Perspective relationnelle, Jean-Louis Boissier, artiste, professeur (Arts Plastiques, Université Paris 8)
* 10H15 Perspective temporelle, Anne Cauquelin, philosophe, professeur émérite
* 1OH45 Discussion
* 11H15 Pause
* 12H 45 L'eau du gaz dans les réseaux, Fred Forest, artiste, professeur émérite
* 13H15 Louise Poissant, professeur (École des arts visuels et médiatiques, Université du Québec à Montréal)
* 13H45 Critique de la « rétiologie », idéologie et utopie contemporaine du réseau, Pierre Musso, professeur (Information & Communication, Université Rennes 2)
* 14H15 Discussion

Résumés des interventions

* Perspective numérique - O. Auber
Comment de la cybernétique, science du contrôle, pourraient émerger des formes plastiques et sociales autonomes s'affranchissant de la rationalité instrumentale et du déterminisme machinique ?
Des expériences collectives comme le Générateur Poïétique, la Communauté des Mémoires (@rbre), l'Invisible Monument, l'Agrégateur Poïétique ou la Démocratie Liquide, tentent de mettre en place les processus et des outils adéquats pour explorer le domaine de ces formes autonomes. Ces expériences, qui se développent pas à pas, pour certaines depuis des années, à l'intérieur de collectifs ouverts, o­nt en commun de mettre en oeuvre de manière balbutiante une "perspective numérique" ; lointaine descendante de la "perspective spatiale", fondée sur ce que l'on pourrait convenir d'appeler un "code de fuite", homologue au "point de vue" de celui qui établit le processus de représentation. Le "code de fuite" arbitraire, qu'il soit génétique ou numérique, désigne l'inconnaissable. C'est sur lui que s'appuient désormais les fuyantes de notre nouvelle perspective.

* La perspective relationnelle - J. - L. Boissier
Comment, avec les dispositifs de l'interactivité numérique, se construit, à côté de la perspective optique, une perspective des relations. Comment, à la visibilité et à la lisibilité, s'adjoint une jouabilité. Les conséquences de ces mutations pour le processus artistique.

* Perspective temporelle - Anne Cauquelin
Faire justice d'un certain nombre de stéréotypes qui o­nt cours dans l'univers de ce qu'on appelle l'art numérique (et au-delà) comme, par exemple. le choix libre, la transparence, le virtuel comme possible, le rhizome comme lien.
Et pour cela utiliser d'anciens très beaux concepts, ceux que les stoïciens définissent comme "les incorporels" (le temps, le lieu, le vide et l'exprimable). En route définir à nouveaux frais la perspective temporelle du cyberspace, Et le cyberspace lui-même. Ou tout au moins, essayer

* Comment introduire de l'eau dans le gaz des réseaux - Fred Forest
Après Debord, Rochlitz, Danto, tutti quanti et cie, la mort déclarée de l'art, des avant-gardes et des utopies,  n'est-il pas venu le temps de se demander, si le vent de l'histoire de l'art, et le vent de l'histoire tout court, ne pas peut pas soudain tourner ? Tourner,  en fonction notamment d'une certaine masse critique atteinte dans la performativité et la généralisation des réseaux ? Les antennes paraboliques se généralisent et l'union soviétique et son régime s'effondre. Malgré les belles théories quelques peu datés, encore en cours, qui marquent neanmoins le pas, campées  sur les terres colonisées du post-modernisme,  ne suffirait-il pas que  des intelligences, des energies et des décisons collectives, circulant dans des reseaux de neurones, hybridés aux sytème de communication, comme celui d'internet, puissent trouver leur pleine expression et leur pleine capacité transformatrice. C'est une erreur de penser que ce sont les idées et les belles constructions théoriques et de l'esprit qui font bouger le monde, non, ce sont les faits. Les faits contingents et leurs résultats concrets et opératoires.C'est pourquoi la pratique artistique aura toujours une longe d'avance sur sa théorie. Certes, l'artiste ne changera jamais le monde, mais sa maitrise, son intelligence, son imagination rhizomique et son utilisation assymétrique des reseaux numeriques contribuera quelques fois à le faire changer.Il faut seulement essayer pour voir si ça marche.
(Ce discours sera acompagné par la presentation d'un modèle expérimental comme demonstration)

.* Critique de la « rétiologie », idéologie et utopie contemporaine du réseau - P. Musso
Partout la figure et la notion de réseau s'imposent. Tout est réseau, voire « réseau de réseaux ». L'organisation de la vie quotidienne devient un usage voire un culte permanent de réseaux et une insertion dans leurs mailles qui recouvrent la planète entière. Il faut être « branché » et « connecté », penser et s'organiser en réseaux.
Avec le déploiement planétaire des réseaux d'information et de communication, de transports et d'énergie autour du globe, une véritable idéologie du réseau s'est formée. Elle réactive un « vieux » dispositif imagier. Telle est la rétiologie qui combine une technologie de l'esprit et une utopie technologique des réseaux.