Colloque International du RESIPROC

Colloque International RESIPROC

Les 18, 19 et 20 mai 2016

Université d'Ibn Zohr à Agadir

Appel à communication

« Les questions d'éthique et déontologiques dans la professionnalisation des communicants »

 

Gourous, spin doctors, conseillers occultes... les professionnels de la communication font de plus en plus parler d'eux au sein de la société civile et sont souvent assimilés dans l'opinion publique, mais également par les journalistes, à des éminences grises adeptes de la manipulation et de la propagande. La surmédiatisation actuelle de certaines pratiques de communication « véreuses » (Bygmalion pour ne citer qu'un exemple), renforce cette perception que les communicants ne sont pas des professionnels crédibles. Sur Itélé en avril 2013, Edwy Plenel journaliste d’investigation et fondateur de Mediapart, décrit les communicants comme « un des poisons de notre démocratie (…). Nous [les journalistes] devons être au service du droit de savoir des citoyens, pas de ces techniques qui essayent de cacher, de voiler, de mentir »[1]. En mars dernier, une étude publiée par le magazine PR Week[2] et réalisée par l'institut d'étude d'opinion londonien Reputation Leaders a révélé que 69 % des personnes interrogées ne font pas confiance aux communicants. Et les résultats de cette étude sont loin d'être une anomalie. Au contraire, ils viennent confirmer l'état de défiance envers les communicants et la communication des entreprises, révélées par de nombreuses enquêtes. Par exemple, 50 % des Français n'ont pas confiance dans la communication des entreprises, selon l'étude Communication & Entreprise / Mediaprism d'avril 2014[3] ; 47 % des Français considèrent que les entreprises mentent lorsqu'elles communiquent, d'après le Baromètre Authenticité Makheai-Occurence, édition 2014[4]... En fait, l'ensemble de ces critiques semble faire écho à la position critique de J. Habermas, qui considérait les relations publiques comme une source de distorsion du fonctionnement de l’espace public tel qu’il le définit.

Face à cette situation, les communicants s'insurgent contre le discrédit de leur profession sur leurs blogs (Blog des communicants, brandnewsblog…). Ils réfléchissent au sein des associations professionnelles (Syntec RP, Communication et Entreprise, SQPRP,...) aux missions, aux valeurs et aux méthodes de leur métier et s'organisent par la normalisation de la profession au travers de codes, de chartes, d'accords. Cet effort de définition de critères et de chartes éthiques n’est pas nouveau. Il suffit de penser à la célèbre déclaration de principes d’Ivy Lee en 1906 et aux différents codes éthiques promulgués par les associations internationales des relations publiques. Plus récemment, en 2010, la Global Alliance For Public Relation and Communication Management (GAPRCM) a publié des Accords dits de Stockholm (puis Mandat de Melbourne en 2012) qui stipulent que les relations publiques doivent « fournir en temps opportun, des analyses et des recommandations qui permettront une gouvernance efficace des relations avec les intervenants, en misant sur la transparence, les comportements dignes de foi et une représentation authentique et

contrôlable, de manière à maintenir le permis d'exploitation de l'organisation » (p. 5).

Directement liées aux modalités de construction des relations avec les publics, les activités des communicants posent un certain nombre d'enjeux identitaires (sociaux, culturels, idéologiques, économiques, historiques, discursifs...). Traditionnellement, les organisations construisent leurs identités à travers leur nom, leurs marques, leur positionnement, leurs valeurs, leur histoire... Les rapports entre identités et marques – qu’elles soient organisationnelles, politiques, sociales – concernent les logiques commerciales, les symboles et identités visuelles, la publicité. Plus récemment l'essor des médias socionumériques a reconfiguré les liens entre identité et réputation. Considérée comme une composante de l'identité numérique, « l'e-réputation organise un système de valeurs, sur un axe qui va de la visibilité à la confiance. Notoriété, popularité, crédibilité, influence, autorité, ce qu'elle mesure emprunte à des domaines relevant de cultures différentes, qui s'enchevêtrent » (Merzeau, 2015, p. 21).   Au niveau des individus, leurs usages professionnels des médias socionumériques donnent lieu à des formes identitaires, liées à la visibilité et à la viralité, recentrant la question de l'expertise sur celle de leur professionnalisation et de leur employabilité (Domenget, 2015). Cette prise en compte des rapports entre identités et médias socionumériques, à travers la question des usages, met en avant des enjeux éthiques (gestion des données personnelles, risque d'une surcharge informationnelle, qualité des informations...) d'autant plus que ces activités laissent par définition des traces dans cet environnement numérique.

Transparence, responsabilité sociétale, valeurs : ces notions, associées à la réputation et qui sont aujourd’hui très présentes dans les discours des organisations, font référence à l’éthique, et demandent à être interrogées dans leurs fondements. D’un point de vue philosophique, toute action humaine a une dimension éthique : selon St. Thomas d’Aquin les actes humains sont par définition moraux (idem sunt actus morales et actus humani). Cette condition universelle s’applique évidemment aussi aux professionnels de la communication, même si la prise de conscience de cette dimension n’est pas forcement au même niveau pour tous. Selon le European Communication Monitor (2012), la majorité des professionnels de la communication en Europe (près de 6 sur 10) a été confrontée à des problématiques éthiques, et celles-ci sont perçues comme en augmentation. L’éthique constitue une dimension essentielle de la professionnalisation des communicants et ceci devrait se refléter aussi bien dans leur formation que dans leur pratiques professionnelles. D'autant que les professionnels voient dans l'application d'une éthique surplombant la pratique une façon de s'extirper de la position d'exécutant pour se placer en expert, encore que cette figure soit idéalisée » (Baillargeon, & al, 2013). Ceci représente un défi aussi pour les chercheurs en communication, qui sont appelés à développer une réflexion critique pour accompagner ces évolutions professionnelles.

VOIR AAC COMPLET EN PJ / AXES POUR LA SOUMISSION DES PROPOSITIONS

Communications attendues et procédure de soumission

Les propositions de communications attendues doivent se présenter soit comme des analyses réflexives fondées sur des recherches empiriques récentes et achevées, soit comme des analyses de pratiques professionnelles en communication (témoignages de pratiques et réflexion sur les conditions de l’action, les justifications de l’action et les conséquences sur l’action). Dans l’un comme dans l’autre cas, les communications doivent être informatives, analytiques et réflexives, et s’inscrire dans l’un des trois axes proposés.

Les propositions doivent parvenir avant le 15 février 2016 par voie électronique, en format Word (.doc) ou PDF (.pdf). Outre le texte de proposition en lui-même (maximum de 5000 signes, espaces compris), les documents doivent impérativement préciser, pour chaque auteur, le nom, le statut, l’organisation ainsi que les coordonnées (adresses électronique et postale).

Les propositions doivent être transmises aux responsables scientifiques :

Andrea Catellani : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">andreaCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">catellaniCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">@Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">uclouvainCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">be

Jean-Claude Domenget : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">jeanCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">-Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">claudeCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">domengetCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">@Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">univCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">-Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">fcomteCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">fr

Elise Maas : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">eliseCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">@Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">maasCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">.Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">cc

Après examen en double aveugle du comité scientifique, le comité d’organisation retournera son avis aux auteurs le 15 mars 2016 au plus tard.

Les auteurs retenus devront alors proposer une première version complète de leur communication (entre 30000 et 35000 signes espaces compris, bibliographie non comprise) pour le 1er mai 2016. Après le colloque, une sélection des communications, des débats et des échanges sera publiée dans Communication et Professionnalisation (nouvelle appellation des Cahiers du RESIPROC aux Presses de l’Université de Louvain pour une parution en début 2017.

Le colloque se tiendra les 18, 19 et 20 mai 2016. Il comportera des plénières, des tables rondes et des présentations de professionnels de la communication.