La banlieue en images sonores et visuelles 1880-1960

Lieu :
Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, UFR SSH, 47 boulevard Vauban, 78047 Guyancourt cedex, bâtiment Vauban, amphi 7

Responsables scientifiques :
Christian Delporte, Professeur des Universités, CHCSC
Juliette Aubrun, MCF, CHCSC.
Contact :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Présentation :
Le terme de "banlieue" véhicule depuis le milieu des années 1980 de nombreux préjugés, l'actualité la plus récente confirmant cette impression. Banlieues et cités sont devenues des enjeux médiatiques forts : « casseurs », « délinquants »et « jeunes » des banlieues sont stigmatisés dans les médias.
Le traitement journalistique des émeutes de novembre 2005 a été dénoncé par de nombreux élus, parce qu'il pointait un phénomène de violence et tendait à généraliser ces situations de crise au quotidien de la vie des "quartiers". Or, élus et habitants le disent, la banlieue, ce ne sont pas simplement des voitures brûlées, des émeutiers et des nuits de violence.
Les jeunes le rapent, le taguent ; les cinéastes font de la banlieue imaginée le lieu de leurs intrigues ; la presse, mais aussi les affiches publicitaires, donnent à voir des représentations plurielles des banlieues. C’est précisément cette pluralité, source d’oppositions, de contradictions, d’ambivalences qu’il s’agit ici de cerner et d’analyser sur la durée. Le cinéma s’est saisi depuis longtemps de la banlieue comme sujet et décor. Carné, Duvivier, Tati ou Blier filment une banlieue symbolique qui donne autant à voir l'habitat que le no man's land. Selon les périodes, l'image privilégie les espaces de sociabilité (cafés et guinguettes), les espaces du travail (l'usine, tout particulièrement, véritable personnage d'une banlieue recomposée), ou ceux du quotidien et de la modernité –Mon oncle de Tati représentant l'archétype de l'opposition entre deux banlieues-. De nos jours, les images montrent une banlieue-cité déchirée, focalisent l'attention sur les habitants et leur quotidien, et la télévision concurrence largement le cinéma dans la production d'images
visuelles de la banlieue.
Toutefois, les productions populaires d'une imagerie de la banlieue ne peuvent s'arrêter aux images filmées. Dès la fin du XIXe siècle, polysémie visuelle se diffuse, à travers cartes postales ou journaux populaires, notamment. Une
banlieue champêtre et bucolique y coexiste au côté d’une image noire et misérabiliste des marges de la ville. D'autres médias populaires se sont aussi emparés du même espace, comme la bande dessinée ou la radio.
Cette journée d'étude se propose de rassembler, autour du thème de la "banlieue en images sonores et visuelles", des contributions montrant la diversité des images populaires utilisant les marges urbaines à la fois comme un décor ou
comme un acteur d'un récit. Prolongeant les premières études centrées sur les productions d'images visuelles, il s'agit d'élargir le champ des producteurs d'images à l'ensemble des médias populaires, des années 1880 aux années 1960. Comment se construisent, évoluent ces images de la banlieue ?
Quels discours, concurrents ou successifs, sont perceptibles derrière ces imageries populaires des espaces banlieusards ?
En focalisant l'attention sur les images sonores (la radio et la chanson), sur le cinéma, mais aussi la presse écrite, voire la bande dessinée, il s'agit de mieux saisir les formes populaires des représentations diverses de la banlieue. Enfin,
si la banlieue parisienne sera privilégiée durant cette journée, des incursions vers d'autres marges de la ville sont possibles.

Programme

Vendredi 16 mars 2007, matin, 9h

Accueil

Banlieues en perspectives :
images populaires et élitistes des banlieues du premier 20e siècle

Regards croisés :

* Evelyne Cohen (Université Paris VII): les inondations de 1910 en banlieue parisienne
* Christian Joschke (EHESS): photos amateur de la banlieue de Brême, tournant du siècle.
* Charlotte Vorms (UMR Telemme, Université Aix-en-Provence) : images de banlieues madrilènes. (titre à confirmer).

La banlieue en chansons : l'imaginaire sonore de la banlieue, années 30 – années 1950.

* Martin Pénet (Université Paris-1): titre à préciser.
* Emmanuelle Cronier (Université Paris 1- Centre d'Histoire Sociale du XXe siècle) : titre à préciser

Vendredi 16 mars 2007, après-midi, 14h

Radio, télévision, films documentaires, de l'après guerre aux années 1960 :
construction des images de banlieue.

Radios et documentaires engagés : comment désigner la banlieue ?

* Béatrice Donzelle (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines) : Traitement, évocation et
désignation des banlieues dans les journaux parlés radiophoniques de la RTF de 1958 à 1960
* Emmanuel Bellanger (Université Paris1 - Centre d'Histoire sociale du XXe siècle): "Banlieue idéalisée, banlieue recomposée, banlieue de toujours : La
Seine-Saint-Denis ou l'usage du documentaire officiel en terre communiste".

Les grands ensembles modélisés par la télévision ?

* Alexandre Borrell (Université d’Orléans, EA SAVOURS) :
La banlieue parisienne dans la télévision des années cinquante : espace de loisirs et de la banalité, contre-modèle pour la promotion des nouveaux projets urbains.
* Camille Canteux (Université Paris 1 – Centre d'Histoire sociale du XXe siècle) : des grands ensembles pour effacer la banlieue (1950-1960)