1.    Le travail de la forme comme pratique collaborative

Comment le travail de la forme prévoit-il et conduit-il à des modalités collectives, favorise-t-il les coopérations, ainsi travaille-t-il les rapports entre les acteurs et forge les identités ? Il ne sʼagit pas ici dʼenvisager toutes les interactions possibles dans la production dʼun journal sous ses diverses formes (papier, électronique, sonore, télévisuelle), mais dʼobserver comment le travail de la forme compose des coopérations, et fait apparaître des acteurs qui ne sont pas toujours bien identifiés. Lʼapproche pourra se faire par les métiers plus spécialement dédiés à la forme (les secrétaires dʼédition, les ouvriers, les conseillers éditoriaux, les assistants multimédias, les éditeurs iconographiques, les graphistes). Elle pourra aussi privilégier une entrée plus sémiotique par les genres, les rubriques, le projet éditorial, ou médiologique par les espaces de travail, les technologies, les dispositifs destinés à la production multimédias.

2.    La place et le rôle des collaborateurs de lʼactivité éditoriale

Comment le continuum de la production de lʼinformation comprend-il des acteurs qui sont relativement peu visibles, malgré leur importance dans le dispositif de production, de telle sorte que lʼon peut se demander si leur invisibilité nʼest pas le produit de tactiques de distinction, un travail de mise à distance qui participe dʼune élaboration identitaire, non seulement des journalistes mais aussi des acteurs à la marge, voire marginalisés ? Lʼapproche pourra privilégier une perspective sociologique, socio-discursive, socio-organisationnelle, ou socio-économique pour se pencher sur des acteurs, bien au-delà du recours structurel aux pigistes : les correspondants de presse locale, les attachés de presse, les chargés de communication, les ouvriers de la fabrication, les techniciens informatiques, les graphistes, les stagiaires, les précaires, les internautes producteurs dʼinformation, les récepteurs réactifs, etc. Une entrée plus ethnographique, par les espaces, les temporalités, les dispositifs techniques et institutionnels, pourrait aussi être dʼun grand intérêt.

3.    Les dispositifs techniques dans les pratiques de coopération

Comment les dispositifs informatiques mis à disposition tant des producteurs dʼinformation que du public, engendrent-ils de nouveaux espaces de collaboration, encouragent-ils de nouvelles pratiques et/ou une offre éditoriale différente ? Si on ne parle pas (encore ?) dans les entreprises médiatiques de « knowledge management » ou de travail collaboratif (« groupware »), la création, la gestion et lʼutilisation des bases de données peuvent donner lieu à de nouvelles formes de production de lʼinformation. La contribution des moteurs de recherche à la mise en visibilité des productions médiatiques sur le web introduit de nouveaux acteurs dans le lien traditionnel entre le public et les contenus. Le recours croissant à lʼinternet comme source dʼinformations conduit à une interdiscursité croissante et accélérée, le journaliste nʼest plus lʼacteur aussi central quʼil lʼa été, et la temporalité du journalisme change. Lʼapproche pourra être centrée sur les organisations productives, les dispositifs technologiques, les discours, les productions.

4.    Lʼidentité professionnelle et la dimension collective

Comment la dimension collective est-elle mobilisée dans la construction identitaire des journalistes (et des autres métiers éventuellement), et plus largement de lʼobjet même du journalisme ? Est-ce que travailler ensemble à un projet éditorial est une conception croissante, pose problème, est utilisée à des fins distinctives, politiques, économiques, par des acteurs journalistiques ou autres ? Lʼentrée pourra être historique, ou se concentrer sur le contemporain. Elle pourra conduire à lʼapproche de dimensions déontologiques du journalisme (les chartes rédactionnelles, les codes professionnels, les instances de régulation), politiques (les médias alternatifs), socio- culturelles (les médias participatifs), socio-professionnelles (les organisations syndicales et associatives, les espaces de médiation, les instances paritaires), économiques (les syndications, les groupements, les marques), éducatives (les écoles de journalisme).

Calendrier

  • résumé de la proposition attendu pour le 30 septembre 2010
  • réponse du comité scientifique le 15 novembre 2010 
  • communication rédigée attendue pour le 15 janvier 2011

Modalités de soumission :

adresser un résumé de 3000 à 5000 signes (espaces et ponctuations compris) à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Comité scientifique :

Valérie DEVILLARD
Valérie JEANNE-PERRIER
Christine LETEINTURIER
Florence LE CAM
Rémy RIEFFEL
Roselyne RINGOOT
Denis RUELLAN
François SIMON
Emmanuel SOUCHIER
Jean-François TETU
Annelise TOUBOUL
Adeline WRONA
 
1 - CARISM : Université Paris 2 - IFP. CRAPE : CNRS - Université de Rennes 1 - IEP. ELICO : Universités de Lyon. GRIPIC : CELSA - Université Paris Sorbonne.