Appel à articles : Tic&société

TIC et Suds : perspectives sociohistoriques

La présence des technologies de l’information et de la communication dans les pays des Suds est ancienne. Elle ne coïncide ni avec la diffusion du web ni avec les deux éditions du sommet mondial de la société de l’information (SMSI). Ce constat peut paraître évident mais il est souvent oublié tant dans les discours des promoteurs de ces technologies que par certaines recherches en sciences sociales.

 Les premiers mettent souvent l’accent, avec une perspective déterministe, sur l’importance de recourir aux
TIC pour le développement en faisant table rase à ce qui a précédé. Ils ne s’embarrassent pas des expériences et des tentatives multiples d’intégration des TIC dans les pays des Suds, menées depuis les années soixante. Ils s’interrogent, encore moins, sur les raisons de succès ou de l’échec de tel ou tel projet, telle ou telle expérimentation. De leurs cotés, les secondes, intéressées plus par des problématiques liées au présent des TIC, omettent qu’une contextualisation historique des TIC dans les territoires analysés peut fournir éventuellement des explications et des éclairages sur l’état du présent.

L’objectif de ce numéro est de convoquer le passé des TIC dans les pays des Suds ; chercher à l’interroger
dans ses différentes figures. Il n’est pas question ici de tomber dans les pièges et les revers de l’évaluation a posteriori mais plutôt de comprendre le contexte, les stratégies et les finalités des acteurs à l’origine de projets d’intégration des TIC, tombés dans l’oubli. L’analyse de ces projets et de ces initiatives pourrait relativiser le discours des promoteurs qui continuent depuis plus de trois décennies de présenter le recours aux TIC comme une issue pour sortir du sous-développement.

Nous souhaitons recevoir des propositions qui tentent de mettre en perspective sociohistorique les questions et les débats sur les TIC dans les Suds. Au travers des analyses de cas ou de réflexions théoriques, les textes pourront aborder l'une des thématiques suivantes : le rôle joué par les acteurs économiques, politiques tant au niveau national qu’international, par les organisations internationales et intergouvernementales, par la société civile et les organisations non gouvernementales dans l’intégration des TIC dans les pays des Suds.

 

Les organisations internationales ou intergouvernementales

Certaines organisations internationales, comme l’Unesco, l’Union internationale des télécommunications, le Bureau intergouvernemental pour l’informatique, la Banque Mondiale ou l’Organisation internationale de la francophonie, ont beaucoup oeuvré dans l’intégration des TIC dans ces pays, et continuent toujours à le faire. Au travers des analyses de cas, nous souhaiterons recevoir des textes qui tentent de mettre en perspective sociohistorique le rôle joué par ces organisations depuis qu’elles se sont saisies de cette question.

 

Les politiques publiques et stratégies nationales en matière des TIC

Dès les années soixante-dix, l’élaboration de politiques et de stratégies nationales en matière d’informatique était présentée, par certaines organisations internationales, comme la voie royale pour ne pas « rater le train de l’informatique ». Qu’en est-il réellement de ces politiques ? Comment peut-on expliquer a posteriori que certains pays ont réussi leur informatisation, par exemple, et d’autres pas ?

 

Les multinationales de l’informatique

Quel a été le rôle des multinationales de l’informatique dans l’informatisation des pays des Suds? Qu’elles étaient leurs stratégies commerciales et industrielles vis-à-vis des ces pays ? Dans quelles conditions, certains constructeurs se sont installés dans certains pays des Suds (La société IBM, par exemple, est installée au Maroc depuis les années 20 !). Quelles relations ces multinationales ont entretenu avec le tissu économique caractérisé, dans certains pays des Suds, par une prédominance de l’économie informelle. Quelles relations ont-elles tissé également avec les pouvoirs politiques en place ?

 

La société civile et organisations non gouvernementales

Dans certains pays, la question de l’appropriation des TIC a été également prise en charge, par des structures non gouvernementales. Sommes-nous en mesure de faire un état des lieux de leurs interventions en la matière ? Peut-on également comprendre a posteriori leurs visées et les finalités de leurs projets ? Qui sont les acteurs qui étaient à l’origine de ces initiatives ? Quelles orientations idéologiques les guidaient ?

 

La coopération bilatérale Nord-Sud

Depuis ses débuts, l’intégration des TIC dans des pays des Suds était inscrite dans le cadre de la coopération Nord-Sud. Plusieurs projets étaient menés avec le concours et l’appui de certains pays du Nord. Ces derniers ont, dès les années soixante-dix, affiché leur volonté d’aider et d’accompagner les pays des Suds dans leur informatisation, par exemple. Qu’elles ont été leurs intentions ? Comment cette coopération entre les pays du Nord et les pays des Suds se matérialisait ? Quelles articulations peut-on faire entre les tensions géopolitiques des années soixante-dix et le début des années quatre-vingts, caractérisées entre autres par la guerre froide, et la question de l’informatisation des pays des Suds ?

 

La question des usages

Dans quelle mesure peut-on convoquer la question des usages dans une perspective sociohistorique
concernant les pays des Suds ? Comment expliquer les usages et les non-usages des TIC par les différentes catégories sociales dans les différents pays concernés ?

Les contributeurs et contributrices sont invité(e)s à soumettre leurs textes (40 000 caractères espaces compris maximum) en français, voire en anglais ou en espagnol, accompagnés d'un résumé de 3 000 caractères en français.


Les auteurs sont invités à respecter les consignes concernant la mise en forme du manuscrit (consignes
disponibles sur le site de la revue, voir la rubrique « Consignes aux auteurs »). Les manuscrits feront l¹objet de deux évaluations selon la procédure de lecture à l¹aveugle.

Les textes sont à envoyer par courriel au plus tard le 1er décembre 2010 à l’attention de Abdelfettah
Benchenna, coordonnateur de ce numéro :

Abdelfettah Benchenna
Université Paris 13
Labsic – MSH Paris Nord
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Il est aussi possible de proposer des textes hors thème. Nous nous réservons toutefois le droit, soit de les diffuser dans la rubrique « Varia », soit de les conserver pour un prochain numéro thématique. Merci, dans ce cas, d’envoyer les textes à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.