Du côté anglophone, le « tournant interprétatif » (Putman & Pacanowski, 1983) a marqué l’émergence d’un champ disciplinaire – Organizational Communication –, qui s’est peu à peu autonomisé - ou « discipliné » (Mumby, 2007; Mumby & Stohl, 1996) – par rapport aux autres disciplines et qui est aujourd’hui structuré par des programmes universitaires et des réseaux scientifiques influents en Amérique du Nord et dans les sciences de la communication. De manière relativement indépendante, un autre réseau – plutôt européen et plutôt inscrit dans les sciences de gestion– s’est constitué dans les années 1990 autour des « organizational discourse analysis » (Grant, Hardy & Oswick, 2004). Si, jusqu’au début des années 2000, les deux champs demeuraient relativement imperméables (Jian et al., 2008 ; Taylor, 2008), des espaces institutionnels de rencontre entre les études de communication et les études de discours ont récemment été ouverts (Van Dijk, 2007, revue Discourse & Communication). Le dialogue n’en est cependant qu’à ses prémisses.
Du côté francophone, les troupes avancent dans un ordre encore plus dispersé. Trois traditions disciplinaires ont connu des évolutions significatives mais partiellement indépendantes : la sociologie du travail, les sciences de gestion et les sciences de la communication. Ainsi, les études sur « le langage au travail » (Borzeix & Fraenkel, 2005), sur « l’analyse discursive des organisations » (Girin, 1990 ; Lorino, 2005) et sur « les communications organisationnelles » (Bernard, 2002, Delcambre, 2000) semblent toutes reconnaître le rôle fondamental du langage/discours/communication dans la
constitution des organisations. Mais malgré l’existence de collaborations interdisciplinaires ponctuelles, de nombreux ponts demeurent à opérer tant au niveau conceptuel qu’empirique.
Dans les deux communautés linguistiques, des efforts conséquents de définition, clarification, distinction entre les notions de langage, discours et communication (ainsi qu’avec d’autres notions dérivées telles que : relation, interaction, conversation, dialogue, textualité…) subsistent et de nombreuses questions demeurent en suspens. Qu’entendons-nous exactement derrière des expressions telles que « les organisations sont constituées par, à travers ou dans le langage/discours/communication » ? Par « constituées » voulons-nous dire que les organisations sont instituées, créées, produites ou formées par le langage/discours/communication ? Ou bien voulons-nous dire que les processus d’émergence, maintenance et transformation des organisations sont ancrés, encastrés, incorporés dans langage/discours/communication ?
Cet appel à communication est intéressé par des contributions discutant:
- Les fondements épistémologiques des approches « constitutives des organisations » (interprétativisme, constructivisme, post-modernisme, critique) ;
- Les cadres théoriques permettant d’expliquer le rôle constituant du langage/discours/communication (performativité, narrativité, générativité, transformativité) ;
- Les méthodes d’analyse du langage/discours/communication comme processus constituant (analyse de contenu, de discours, d’interaction, de conversation) ;
- Les conséquences de ces approches pour divers objets managériaux (apprentissage, identité, changement organisationnel, relations hiérarchiques, fonctionnelles, inter-organisationnelles ou interculturelles, gestion des savoirs, par projet, de risque, de crise, des systèmes d’information).
Les contributions seront évaluées dans leur langue d’origine (français/anglais) par deux membres d’un comité scientifique composé de chercheurs anglophones et francophones. Un séminaire réunissant tous les contributeurs à ce numéro est prévu à Toulouse en juin 2012 dans le cadre d’une collaboration institutionnelle entre le LERASS (Université Toulouse) et le LOG (Université Montréal).

Consignes aux auteurs
Les propositions ne doivent pas dépasser 45000 signes (8 000 mots) tout compris (espaces, notes et références bibliographiques) et doivent comporter un résumé de 450 signes (150 mots) maximum et 4 à 5 mots-clés. Le texte est en interligne simple. Les titres, intertitres, en-têtes et mises en exergue sont de la responsabilité de la rédaction qui se réserve le droit de modifier ceux proposés par l'auteur (trois niveaux maximum non numérotés). La présentation des références suivra les normes APA (http://www.apastyle.org/). Le nom de l'auteur et son appartenance institutionnelle avec adresse électronique doivent figurer uniquement en page de garde. L’envoi des articles intégraux au format Word (.doc) se fait aux adresses suivantes :
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Date limite de soumission : 1er décembre 2011.

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