Le premier grand trait de ce journalisme renouvelé vient avec la fragmentation des publics, laquelle induit la spécialisation croissante des médias et par conséquent, l'autonomisation des thèmes et des domaines de couverture. La nouveauté ne repose pas sur le fait qu'il y ait un journalisme « sportif », un journalisme « économique », un journalisme « politique », et d'autres rubriques du genre. Ce qui est nouveau, c'est que les spécialités - et on en invente chaque jour - ne se retrouvent plus dans les mêmes médias de masse mais disposent de leurs propres plateformes médiatiques. Ces journalismes « spécialisés » peuvent maintenant s'inventer en tant qu'activités affranchies d'un journalisme général ou transversal. Que ce soit dans les relations aux sources, dans les techniques documentaires, dans l'écriture, et même dans l'éthique, la soumission à des normes générales ne serait plus indispensable. Mais l'adéquation des pratiques avec les publics visés et avec les publics réels devient la règle suprême. D'où l'exigence de déployer une panoplie d'instruments pour connaître et profiler ces publics.

Un deuxième grand trait est le glissement croissant du marché du travail journalistique des médias traditionnels vers des acteurs nés-en-ligne, plus spécifiquement vers les agrégateurs et les portails. Ces médias, nouveaux diffuseurs d'information, développent et disposent de divers outils qui leur permettent de construire des banques de données sur les internautes qui les fréquentent. Ils peuvent suivre toutes les activités de leurs clients en ligne, tester en continu de nouvelles façons de faire et les adapter à leur gré. Ils peuvent de minute en minute ajuster les menus des informations et les échanges discursifs qu'ils proposent. Leur course vers le Web des petits écrans et de la mobilité du récepteur s'annonce plus exigeante encore en matière d'adaptation des produits au plus proche des attentes et des consommations. Ainsi va croissante l'utilisation d'outils de veille, de surveillance des publics, prenant notamment en considération la popularité des mots, des thèmes, des auteurs, des opinions, des points de vue, ou bien encore des esthétiques. Quant aux médias, mêmes généralistes, nés hors Internet, ils s'y mettent peu à peu.

Dans le cadre de ce numéro, nous encourageons les textes qui reposent sur des recherches empiriques, sur des études de cas ou encore sur des analyses exposant les fondements de telles mutations. Les contributions peuvent être soumises en français, voire en anglais ou en espagnol (mais dans ce cas accompagnés d'un résumé de 3000 caractères en français, en anglais et en espagnol). Les textes doivent comprendre environ 40000 caractères espaces compris. Les auteurs sont invités à respecter les consignes concernant la mise en forme du texte (consignes disponibles sur le site de la revue, voir la rubrique « Consignes aux auteurs »). Les manuscrits feront l'objet de deux évaluations selon la procédure de lecture à l'aveugle. Les contributions en anglais et espagnol seront évaluées puis traduites en français dans la mesure du possible.

Les textes doivent être envoyés à l'adresse suivante, à l'attention de François Demers, coordonnateur du numéro

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Il est toujours possible de proposer des textes hors-thème. Nous nous réservons toutefois le droit, soit de les diffuser dans la rubrique « Varia », soit de les conserver pour un prochain numéro thématique. Merci, dans ce cas, d'envoyer les textes à l'adresse suivante :

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La date limite de soumission des articles est fixée au 30 mars 2012."