Colloque interdisciplinaire,
Université de Bourgogne
(IUT de Dijon et Maison des Sciences de l’Homme),
6 et 7 février 2014
Organisé par Pascal LARDELLIER et Gilles BRACHOTTE,
Université de Bourgogne, CIMEOS/3S, EA 4177
Relations numériques, rapports numérisés
Médiations technologiques, corps, individus, société

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Argumentaire :

L’essor d’Internet auprès du grand public à partir des années 1990, et l’émergence afférente de services relationnels ont conjointement oeuvré à la production d’un nouveau type de relations interpersonnelles, et plus globalement de rapports sociaux d’une autre nature. « En ligne », les Internautes s’affranchissent de la présence des corps, peuvent se jouer des états-civils et expérimenter de nouveaux contours identitaires, tout à la fois ludiques, transitoires, scénarisés, correspondant à maints égards au paradigme postmoderne.
Dès 2004, nous relevions, enquête à l’appui, que la généralisation des écrans modifiait sensiblement la nature des relations sociales, amoureuses en l’occurrence. On peut à bon droit évoquer un nouveau modèle relationnel, les TIC dans leur ensemble reconfigurant les liens de séduction, donc, mais aussi d’amitié (cf. le friending des réseaux sociaux) ou plus largement professionnels.
De même, les fonctionnements collaboratifs au sein des réseaux sociaux, la généralisation d’une forme d’intelligence collective/collaborative portée par le crowdsourcing, l’apparition de modèles destinés à l’enrichissement des contenus en ligne, confirment l’évolution des relations entre Internautes dépassant le cadre désormais trop restrictif des communautés virtuelles de pratiques et d’intérêt.
Si le Minitel puis l’IRC ont permis à une première génération d’usagers d’expérimenter toutes les potentialités relationnelles des dispositifs sociotechniques, les sites de rencontres, dès 1995, puis les réseaux sociaux, moins de 10 ans plus tard, ont massifié et banalisé les RAO, « relations assistées par ordinateur ». Désormais, la possibilité de connexion « H24 » (via la généralisation du wifi, des smartphones, de la 3G et aujourd’hui de la 4G) permet d’augmenter, de prolonger ou d’anticiper des relations nouées ou à venir IRL, In the Real Life. Ceci n’est pas sans implication sur la production des rapports sociaux. Et nos sociétés, dites d’individualisme, sont nécessairement interrogées par l’irruption récente des « liaisons numériques » (A. Casilli).
Jacques Perriault avait perçu cette métamorphose numérique des liens sociaux, affirmant en substance dès 1989 dans La Logique de l’usage que « les ordinateurs allaient être des machines à faire circuler des relations bien plus encore que des informations ».

Ce colloque propose à des chercheurs issus de divers courants disciplinaires (sciences de l’information-communication, sociologie, psychologie, histoire, anthropologie, littérature…) de penser les relations numériques et les rapports numérisés. Les approches pourront proposer théorisations et/ou études de cas, à focale tour à tour micro et macro. C’est plus largement la question théorique centrale du rôle des médiations qui se trouve posée avec acuité dans les thèmes, terrains et problématiques de ce colloque : médiations technologiques et leur montée en puissance dans la sphère relationnelle et sociale des sociétés postmodernes ; médiations symboliques, aussi, car par delà les machines et les écrans, et avec eux, aussi, il s’agit de produire du lien, de la reconnaissance, d’inventer des langages, des règles et des rites, tout en divulguant son identité à autrui, pour « faire relation », et plus largement, « faire société ».

Calendrier :

Diffusion de l’AAC « Relations numériques, rapports numérisés » : à partir du 20 juin 2013
Date-limite de retour des propositions : 30 septembre 2013
Retour d’évaluation des propositions : 28 octobre 2013
Date-limite de remise des textes intégraux : 27 janvier 2014
Colloque : les jeudi 6 et vendredi 7 février 2014

Modalités de soumission :

Les propositions (comprenant titre, sous-titre et résumé de 25 lignes maxi de la communication, accompagné de 15 références biblio. maxi) devront être envoyées sous format .doc ou PDF en copie à :
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Toute correspondance doit être envoyée en copie systématique aux deux coorganisateurs.
Le nom et l’adresse mail seront indiqués sur la proposition. Ces propositions seront ensuite rendues anonymes et transmises aux experts du Comité scientifique pour évaluation.
Des indications seront données en temps voulu aux contributeurs retenus. Cependant, la longueur des textes attendus est limitée à 35 000 signes maximum, avec bibliographie de 25 références maximum.

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