Université Paris 8
(Centre d’études sur les médias les technologies et l’internationalisation)

Institut National de l’Audiovisuel

Colloque international
D’un écran à l’autre : les mutations du spectateur

icon D'un écran à l'autre (678.35 KB 2013-10-16 10:10:59)

1.
Au cours du siècle dernier, l’écran de cinéma a connu des variations (de dimensions, de format) qui n’ont pas manqué d’affecter l’art de la mise en scène, et corollairement la relation du spectateur à la représentation. À l’apparition de la télévision, on s’est interrogé sur les potentialités et les limites du « petit écran », et l’on a pensé redéfinir l’art du film, notamment de fiction, en prenant en compte la situation de réception. Aujourd’hui, des productions conçues pour les nouveaux écrans expérimentent des formes de narration et de mise en scène qui paraissent dictées par un contexte de réception inédit (voir par exemple, dans les webfictions, les modes d’adresse au spectateur-internaute). Par ailleurs, au musée, des films sont exposés au regard d’un spectateur-visiteur mobile.

De là un premier axe de réflexion :
Qu’est-ce qu’être spectateur du cinéma, de la télévision ou du web ? (Et simultanément, qu’est-ce qu’être spectateur de genre : fiction, documentaire… ?)
Comment caractériser les postures spectatorielles induites par chacun de ces dispositifs – eux-mêmes sujets à variations ?
Comment, dans chaque cas, penser l’articulation entre positionnement du spectateur et invention narrative ou esthétique ?

2.
Notre expérience de spectateur change selon que l’on regarde un même film projeté sur grand écran, diffusé à la télévision, ou via le web par abonnement ou par téléchargement pour être regardé sur le téléviseur, l’écran de l’ordinateur ou la tablette. Pareillement, regarder une série web rediffusée à la télévision ou projetée sur grand écran un soir de première impose un nouvel œil sur la production. Dans cette migration entre les plates-formes de diffusion, la frontière entre le producteur-diffuseur et le spectateur s’efface jusqu’à ce que leurs rôles respectifs se confondent. Que ce soit par la mise en ligne du film piraté au cinéma ou sur Blu-ray, des invitations à découvrir une série à la télévision ou diffusée sur Netflix, des commentaires sur les réseaux sociaux qui anticipent la suite des épisodes, voire son détournement qui change le dialogue de la scène ou son montage, le spectateur voit son rôle transformé dans la nouvelle cartographie des expériences de visionnement. Avec cette migration des films, des séries télévisuelles ou des séries web, les rapports que les spectateurs entretiennent avec les œuvres et leurs créateurs changent : celles-ci deviennent objets de culte que les initiés commentent, expliquent ou collectionnent, ou perdent leur aura par le changement de plate-forme.  

D’où un second axe de réflexion :
Comment, au-delà de la « convergence des écrans », penser la concurrence et la divergence des dispositifs ?
Qu’est-ce que cette circulation entre les plates-formes change à l’expérience du cinéma, de la télévision et du web ?
Plus généralement : d’un écran à l’autre, quelle est la part du spectateur ?

Comité scientifique :
Jean Châteauvert (Université du Québec à Chicoutimi), Gilles Delavaud (Université Paris 8), Jean-Pierre Esquenazi (Université Jean Moulin Lyon 3), André Gaudreault (Université de Montréal), Marie-Françoise Grange (Université Jean Monnet Saint-Etienne), Jacques Guyot (Université Paris 8), François Jost (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3), Denis Maréchal (Institut National de l’Audiovisuel), Roger Odin (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3), Jean-Michel Rodes (Institut National de l’Audiovisuel), Maria Tortajada (Université de Lausanne).

Lieu et date :
Institut National de l’Audiovisuel, Paris, 21-23 mai 2014.

Les propositions (titre, 20 lignes/300 mots, brève notice bio-bibliographique) sont à adresser avant le 30 novembre 2013 aux responsables scientifiques du colloque :
Jean Châteauvert Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
et Gilles Delavaud Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.