Appel à communication

Colloque international – 16, 17, 18 mars 2016

La coproduction cinématographique en Allemagne et en Suisse des origines à nos jours


La production cinématographique et audiovisuelle, à l'échelle mondiale et d’abord européenne, connaît une période d'intenses mutations. La montée des technologies numériques a non seulement brutalement modifié l'industrie cinématographique, mais également élargi le champ de la production audiovisuelle tout en modifiant profondément les pratiques spectatorielles. L’arrivée de nouveaux entrants liés à Internet brouille des cadres de formats et d’intervention auparavant clairement définis, tandis que certaines sources de financement traditionnelles n’ont plus le rôle structurant qu’elles avaient il y a encore dix ans. Pour autant, le secteur continue de mobiliser de très nombreux collaborateurs nationaux et internationaux, conservant une importance économique et culturelle très forte. Les marchés et les canaux de diffusion se multiplient et posent de nouveaux défis créatifs et économiques aux producteurs chargés de se positionner sur l'un ou l'autre des marchés, soumis à une concurrence internationale. Entre politiques de coproduction et tentatives d'exportations, l'ouverture à l'international s'impose plus que jamais comme un enjeu majeur pour la recherche de financements et de publics. Mais qu’en a–t-il été de par le passé ?


Le colloque se propose d’ébaucher un historique et état des lieux des productions et coproductions cinématographiques et audiovisuelles dans deux pays européens de tailles économiques et de cultures différentes, l’Allemagne et la Suisse, en questionnant les dynamiques de coopérations existantes en ces pays, institutionnalisées ou non, et de manière plus générale sur les changements observables dans les différents secteurs de la production. Pour penser ces nouveaux enjeux qui animent l'industrie cinématographique et audiovisuelle, il souhaite réunir des intervenants d'origine aussi bien universitaire, qu'institutionnelle et professionnelle.


Les propositions de communication pourront s’inscrire au sein des thématiques suivantes :


Les coproductions internationales en Suisse et en Allemagne : histoire et perspectives
Quelles pratiques de coproduction ont été privilégiées dans ces deux pays ? Avec quels partenaires au fil des décennies et quelle concordance avec les orientations géopolitiques ? Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quelle part a pris notamment la coproduction dans le renouveau du cinéma allemand, comme dans le « nouveau » cinéma suisse des années 1960-70 ? Quels distinguos selon les aires linguistiques (Suisse) ou géographiques (Allemagne) ? Quelles grandes figures de la production ont marqué ces deux pays ?

Quelles pratiques professionnelles en Suisse et en Allemagne ?
Comment a évolué dans ces deux pays la profession de producteur dans le contexte de la multiplication des marchés et des canaux de diffusion nationaux, dans celui d’une mutation des pratiques culturelles, dans le cadre de la révolution numérique ? Quel rôle attribuer aux télévisions dans le financement du cinéma et quelles sont les évolutions constatées, dans le contexte à la fois d’une concurrence accrue et d’évolutions de politiques d’achat et de coproduction ? Le « système français » a-t-il eu une incidence ? Quelles sont les influences des réglementations et obligations nationales et européennes sur les stratégies de coproduction internationale ?

Peut-on parler d’un renouveau des cinémas allemand et suisse ?
Sur le plan international, ces deux pays ont connu par le passé leurs heures de gloire. Mais quelle relève aux Wim Wenders, Rainer Maria Fassbinder, Werner Herzog (pour l’Allemagne), ou aux Alain Tanner, Michel Soutter Freddy Mürer (pour la Suisse) aujourd’hui ? Pourquoi les productions allemandes et suisses, à part quelques exceptions (Fatih Atkin, Christian Petzold, etc.), ont-elles du mal à s’imposer sur la scène européenne et internationale ? S’agit-il d’une simple affaire de goût et d’attirance ? Et pourquoi tant de productions allemandes et suisses n’arrivent-elles plus à s’exporter ? Pour mieux saisir ce phénomène, doit-on interroger la place du cinéma dans chacun de ces deux pays, explorer ses systèmes de formation, remettre en question leurs mécanismes économiques et réglementaires ?

De la nature des financements publics de la production en Allemagne et en Suisse
Les financements nationaux sélectifs, en France comme en Suisse, relèvent d’une expertise d’ordre culturel, contrairement au fonctionnement des Lander qui décident de leurs apports en examinant à la fois la qualité culturelle et la viabilité économique des projets qui leur sont soumis, imposant des effets de levier économique, comme l’obligation de dépenser 100 à 150% du soutien accordé dans le Land concerné. L’Allemagne s’efforce par ailleurs de favoriser financièrement des coproductions
grâce à des dispositifs sélectifs spécifiques (mini-traité franco-allemand, aide à la coproduction avec la Turquie ou avec la Pologne). Comment s’opèrent depuis les années 2000 les rapprochements et alliances de coproduction sur la base de sources de financement qui ne répondent pas aux mêmes critères ?


L’évolution de la réception des films nationaux en salles, en Allemagne et en Suisse
Quels changements, quantitatifs et qualitatifs, observe-t-on au fil des dernières décennies dans la fréquentation des salles en Allemagne et en Suisse ? Comment les films allemands et suisses sont- ils accueillis, notamment face aux productions étatsuniennes? Existe-t-il des spécificités nationales relativement à ce qui s’observe ailleurs en Europe ?


Les communications pourront être prononcées en allemand, anglais ou français et ne devront pas excéder trente minutes.

Le colloque accueillera des communications scientifiques et des tables rondes avec professionnels. Il fera l'objet d'une publication.

Les propositions sont à envoyer à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. avant le 31 décembre 2015.

Programme en PDF : AAC-CoProd Allemangne Suisse


Comité scientifique
Valérie Carré, Université de Strasbourg
Laurent Creton, Université Paris 3 Sorbonne nouvelle
Claude Forest, Université de Strasbourg
Gianni Haver, Université de Lausanne
Olivier Moeschler, Université de Lausanne
Matthias Steinle, Université Paris 3 Sorbonne nouvelle
Olivier Thévenin, Université de Haute Alsace
Carsten Wilhelm, Université de Haute Alsace
Thomas Zenetti, Université de Haute Alsace