APPEL À COMMUNICATION, COLLOQUE DE PARIS DES 17 ET 18 JUIN 2016 DE COMMUNICATION POLITIQUE COMPARÉE

AAC complet : Réseaux sociaux et acteurs politiques - AAC

Les vendredi 17 et samedi 18 juin 2016, l'Institut des Sciences de la Communication (CNRS-Paris-Sorbonne-UPMC) organise à Paris un colloque international avec le concours du Centre d'Etudes Comparées en Communication Politique et Publique (Ceccopop) dirigé par Philippe J. Maarek, sur le sujet :

Réseaux sociaux et acteurs politiques :
quelle communication politique aujourd’hui ?


Responsable scientifique : Philippe J. Maarek, professeur à l’Université Paris Est – UPEC, membre de l’ISCC
Co-responsable : Arnaud Mercier, professeur à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, membre du CARISM

L’intégration progressive par les élus, les dirigeants politiques et les partis des réseaux socionumériques à leurs répertoires d’action politique oblige les chercheurs à revisiter les questions traditionnelles de la communication politique. L’appropriation par le monde politique des technologies numériques et la reconfiguration des habitudes et des comportements politiques à l’ère d’Internet, ont donné naissance à de nouvelles recherches et renouvelé les questionnements, avec l’idée de cerner les contours d’une « démocratie électronique » éventuelle ou potentielle.

Le colloque s’interrogera en particulier sur l’usage spécifique fait des réseaux socionumériques comme Twitter, Facebook, etc, par les forces politiques constituées (partis, gouvernants, élus…), l’enjeu global étant de comprendre ce qui change avec ces dispositifs dits du « Web 2.0 ». Ne sont-ils adoptés par les professionnels de la politique que comme un outil supplémentaire dans la gamme de tout ce qui fonde l’Internet politique, ou fait-on face à une nouvelle transformation de la communication politique, en raison des spécificités d’usage de ces nouveaux dispositifs et de leur succès de masse, notamment auprès des plus jeunes ?
 
On sait déjà que ces outils sont de puissants vecteurs de mobilisation sociale et politique, transformant les logiques de « collective actions » en « connective actions » selon le distinguo fort utile proposé par Lance Bennett. Or comment le personnel et les institutions politiques parviennent-ils à réagir, si ce n’est à s’approprier, ces nouveaux vecteurs, qui, pour la première fois, ne les positionnent plus en émetteurs uniques de la communication politique dans l’espace public ? Cela a été manifeste un peu partout dans le monde, de Occupy Wall Street à Los Indignados, en passant par les jeunes chinois de Hong Kong, ou les Iraniens en 2009 et les Tunisiens ou Egyptiens deux ans plus tard. Une sorte de nouvel écosystème militant s’est mis en place, associant bloggeurs, citoyens, aspirations à plus de démocratie, lors de manifestations de rue que les réseaux socionumériques et la téléphonie mobile ont souvent aidé à coordonner et à mobiliser et face auquel le personnel et les institutions politiques ont été obligées de réagir, pour ne pas être dépassés.

Assiste-t-on en conséquence à des changements dans la manière de faire la politique et de communiquer de la part du personnel et des institutions politiques? Ces dispositifs sociotechniques sont-ils déjà pleinement intégrés, digérés, par ces acteurs, ou seulement en voie d’intégration ? Toutes leurs potentialités qui expliquent leur succès massif, sont-elles exploitées par le personnel politique, ou ceux-ci privilégient-ils certains aspects seulement ? Quelle est la place de ces réseaux dans la communication du personnel politique ? Dans quelle mesure ces réseaux sont-ils maintenant intégrés au répertoire des campagnes électorales ? Comment la gouvernance politique s’accommode-t-elle de cette évolution ? Les institutions politiques locales parviennent-elles à s’approprier ces réseaux qui favorisent souvent la proximité ? Quelles transformations l’usage de ces réseaux fait-il subir au travail parlementaire ?

Un des nombreux enjeux que ce colloque entend aborder est de savoir si la mythologie participative et collaborative associée aux dispositifs sociotechniques offerts par ces réseaux se traduit dans les faits : les professionnels de la politique empruntent-ils ou non ces outils ? Si oui, en font-ils un usage incorporant leurs potentialités ou ne l’intègrent-ils qu’à minima, comme un support communicationnel complémentaire, sans aucune intention collaborative avec les citoyens ? De même, la possibilité d’interpellation directe des citoyens vis-à-vis du personnel politique s’exerce-t-elle fréquemment ? Modifie-t-elle la nature de la relation nouée par les électeurs, les citoyens, les sympathisants, avec leurs candidats, leurs élus, leurs militants ?

Au niveau électoral, l’intégration de ces outils au répertoire d’action est à la fois manifeste et en même temps semble incomplète. Des candidats n’ont toujours pas de comptes sur les réseaux sociaux, ou alors ne s’en servent que très peu ou très mal. L’amateurisme semble parfois régner en maître. Est-ce parce que l’usage est encore mal établi ? Est-ce l’outil en soi qui induit ce défaut de maîtrise ? A moins que le problème ne provienne de la difficulté à articuler techniques habituelles de campagne avec ces outils ?

Les mêmes questions se posent du côté des institutions politiques, et notamment des gouvernements et des institutions territoriales. Les réseaux socionumériques peuvent-ils ou sont-ils déjà devenus un outil supplémentaire dans leur panoplie ? Sont-ils intégrés dans les dispositifs de communication publique à l’égal des autres moyens ? L’appropriation de ces dispositifs est-elle l’occasion de transformations sensibles dans la manière de s’exprimer pour ces institution ou les élus qui les dirigent ?

Tout ou partie de ces grandes questions centrales trouveront à se décliner lors de ce colloque sous forme de questionnements multiples. L'Institut des Sciences de la Communication se propose, avec le concours du Centre d'Etudes Comparées en Communication Politique et Publique, d'analyser ce phénomène important de l'évolution de la communication politique actuelle et de ses utilisations lors du colloque de Communication Politique comparée qui réunira chercheurs et professionnels les 17 et 18 juin 2016.

La conférence sera bilingue, français-anglais. Les collègues désireux d'y présenter une communication sont invités à envoyer une demande de participation avant le 19 mars prochain à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Les propositions devront comporter un abstract de 250 à 500 mots (1 ou deux feuillets) et un CV d'un feuillet.