La mobilité est aussi professionnelle, quand on voit la durée toujours plus courte durant laquelle les cadres et les « Y » restent dans une même entreprise. Le turn over est un indicateur fiable de ceci. On préfère « cumuler les expériences », multiplier les « césures, » changer de sociétés, de pays ou de continent sur un coup de tête, en fonction des envies et des opportunités. Et le CDIn’est plus le Graal des personnes en recherche d’emplois, comme en témoigne la « crise des vocations » dans l’Education nationale, et ses milliers de postes non pourvus.

Plus grave, la « crise des migrants » met aussi la mobilité de peuples entiers sous les feux de la rampe médiatique, avec des conséquences sanitaires, géopolitiques, sociétales et économiques immenses. Quant à la notion de « migrants climatiques », elle va monter en puissance dans les années et les décennies à venir.

Il reste que ces mobilités se heurtent à l’identité des personnes concernées :

Comme nous le montrions dans notre dernier colloque, l’identité est étroitement liée à la notion de territoire : « j’habite un lieu » certes, mais «ce lieu m’habite aussi ».

La notion de territoire devient dès lors tellement importante que c’est à son aune qu’il faut systématiquement à questionner les mobilités.

Cette mobilité et ces territoires posent un ensemble de questions politiques, économiques et théoriques importantes. Et elle reprend naturellement au bond la balle des thèmes des Rencontres « Entreprise et sacré » des années précédentes, en les dialectisant. Car évoquer ces mobilités amène à interroger la question de l’engagement ; ou plutôt, des désengagements postmodernes, appuyés sur un processus socio-historique de « désinstitution ». A l’appui de ceci, voyons la volatilité des adhésions politiques, la désaffection touchant les partis traditionnels et les syndicats, les transfuges d’un camp à un autre (qui ne touchent pas que les sportifs professionnels, véritables « mercenaires nomades » pour certains d’entre eux).

Et ce sont aussi la confiance et la transmission, qui se trouvent mises à mal par la versatilité des nomades ; partir, c’est se réinventer, se relancer, mais c’est aussi, parfois, abandonner, négliger ou refuser la transmission, ou la laisser en jachère. Enfin, l’identité (individuelle, communautaire, religieuse, politique...) est réinterrogée, à mesure qu’elle se recompose au gré des voyages, échanges, rencontres, favorisés par les mobilités.

Bien sûr, les territoires sont au cœur de ces processus de mobilité et de migration, relativisés, « rétrécis » (la planète comme « village global »), « revisités », re-inventés eu aussi « augmentés ». Les territoires aujourd’hui sont doublement questionnés et remis en cause : par des décisions politiques (fusions régionales, mutualisation de moyens et de pratiques, projets interrégionaux), par les progrès spectaculaires des infrastructures de transport (TGV, Hyperloop, etc...) mais aussi par la montée en puissance des technologies numériques de l’information et de la communication qui permettent à l’homme de vivre enfin son vieux désir d’ubiquité en s’affranchissant des contraintes spatiales mais aussi temporelles. Les technologies numériques favorisent la création d’un maillage complexe d’interactions entre des territoires qui font de plus en plus souvent l’expérience de la « déterritorialisation »1. Dans un monde de plus en plus « glocal 2 », les territoires sont confrontés aux exigences nouvelles de la fluidité et de la « vie liquide 3»

Ce sont donc des thèmes à la fois actuels et cruciaux que ces Rencontres convoquent et sur lesquels elles invitent chercheurs, responsables d’entreprises, décideurs, politiques à venir débattre de concert.

1 Décrite et analysée par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans L’anti-Œdipe aux Editions de Minuit en 1972.

2 Né de la contraction des mots « globale » et « local ».

3 Zygmunt Bauman, Fayard, 2013.

 

 

 

       Axes de propositions possibles :

 

Techniques, technologies et infrastructures de la mobilité

Mobilités professionnelles, réorientation de carrières et précarité assumée

Mobilités internes et gouvernance

Territoires et management des organisations

Territoires et interculturalité

Mobilité et agilité managériale

Le nomadisme des «Y» ,des «Z» et des «Alphas»

Mondialisation, globalisation et mobilités des personnes, des biens et des valeurs et des représentations

Mobilités, indépendance, autonomie, dépendances...

Mobilités, identité et territoires

Modalités managériales à l’ère de la mobilité instituée, nouvelles hiérarchies en environnement instable

Territoire virtuel,

Territoire et co-working

Processus, causes et modalités des migrations, d’émigrations...

Mobilités, crise de l’engagement, de la confiance et de la transmission

Territoires et sacré ...

 

Comité scientifique :

 

Anas ABOU EL KALAM, IPI, Groupe IGS

Françoise ALBERTINI, Université de Corse

Sylvie ALEMANNO, CNAM Paris

Benoît AUBERT, UCD Business School, Groupe IGS

Olivier BADOT, ESCP Europe et Université de Caen

Mounia BENABDALLAH, IDRAC Research, C & D

Françoise BERNARD, Aix-Marseille Université

Charles-Henri BESSIERE des HORTS, Professeur associé à HEC Luc BOYER, Université de Dauphine

Annie CORNET, Université de Liège, HEC Liège Michel JORAS,

Sung-do KIM, Koryo University , Séoul

Haïm KORSIA, Grand rabbin de France

Hubert LANDIER, Académie du travail, Moscou

Eric LE DELEY, IGS Ecole RH, Groupe IGS

Alain LEMPEREUR, Brandeis University et Harvard (USA)

Fabien LIENARD, Université du Havre

Catherine LONEUX, Université de Rennes 2

Michel MELOT, ancien directeur des Bibliothèques de France et de l’Inventaire

Adrian MIHALACHE, Université polytechnique de Bucarest

Haïtem NAGATI, Lara, Ecole ICD, Propedia

Emmanuel OKAMBA, Université de Paris-est

Anne PARIZOT, Université de Reims

André de PERETTI, Institut National de Recherche pédagogique

Jean-Marie PERETTI, ESSEC Business School

Max POULAIN, IAE de Caen

Lionel PRUDHOMME, LISPE, Groupe IGS

Yvon PESQUEUX, CNAM, Paris

Yannick ROUSSEL, ESAM, Paris

Maurice THEVENET, CNAM Paris et ESSEC Business school

Zahir YANAT, KEDGE Business School

 

Comité d’organisation :

 

Richard DELAYE, Groupe IGS

Marc DELUZET, OSI, Engie

Yves ENREGLE, Groupe IGS

Pascal LARDELLIER, Université de Bourgogne Franche-Comté, Groupe IGS

Jean-Marie PERETTI, ESSEC Business School

Léa STARCK, ESAM, Groupe IGS Gaël VOINDROT, Groupe IGS

 

Calendrier :

 

Diffusion de l’AAC « Mobilités et territoires » : Date-limite de retour des propositions : Retour d’évaluation des propositions :

Date-limite de remise des textes intégraux :

- pour soumission Question(s) de Management - pour les actes, l’ouvrage collectif, Epistémè :

10 avril 2017 10 juin 2016 30 juin 2016

10 septembre 2017 30 octobre 2017

 

La journée de recherche « Mobilité(s) » donnera lieu à plusieurs publications :

 

1- Les actes sous format électronique, remis aux participants inscrits au colloque le 8 décembre.

2- Une publication dans la revue Question(s) de Management en suivant les règles de soumission décrites ci-après

3- Dans un ouvrage collectif, publié dans la collection « Entreprise et sacré » chez EMS, ou dans la revue de sciences sociales appliquées franco-coréenne Epistémè.

 

 

       Modalités de soumission :

 

Les propositions (titre, sous-titre et résumé de 30 lignes maxi de la communication) devront être envoyées sous format .doc et PDF en copie à :

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Tout envoi et toute correspondance doivent être envoyés en copie systématique aux deux co-organisateurs. Le nom et l’adresse mail seront indiqués sur la proposition. Ces propositions seront ensuite anonymisées et transmises aux experts du Comité scientifique pour évaluation.

Les propositions ne se conformant pas à ces requêtes de délai et de mise en forme ne seront pas prises en considération.

Des indications seront données en temps voulu aux contributeurs retenus. Cependant, la longueur des textes attendus est limitée à 30 000 signes maximum, avec bibliographie de 20 références maximum.

Les contributeurs désirant soumettre leur article pour la revue Questions de management le signaleront explicitement aux responsables scientifiques lorsqu’ils auront été avisés de l’acceptation de leur proposition.

 

Tarifs :

 

Les tarifs du colloque (frais d’inscription, autorisant à participation et publication, et comprenant les Actes électroniques, le buffet et les pauses café) seront communiqués ultérieurement.

 

Signalons la parution chez EMS, en avril 2017, de l’ouvrage Oser la laïcité, rassemblant certaines des conférences du colloque « Penser la laïcité. Société et organisations à l’épreuve des religions » organisé à Lyon (école 3A, Groupe IGS).