APPEL A COMMUNICATION

 

 

Donner la parole aux“sans-voix” ? Acteurs, dispositifs et discours

 

   Colloque international organisé par le Céditec EA 3119 Université Paris-Est Créteil 21-22 juin 2018

 

Si le problème de la liberté d’expression a longtemps dominé les réflexions et les débats sur le fonctionnement des arènes publiques, la question de l’accès des groupes sociaux les plus démunis à la prise de parole légitime a été constituée au cours des dernières décennies en un problème public à part entière. Les conditions de l’accès de ces groupes à l’expression publique et de l’audibilité de leurs discours sont aujourd’hui interrogées par de nombreux acteurs (associations, syndicats, partis, intellectuels, travailleurs sociaux, journalistes, éditeurs, etc.) qui proposent des dispositifs destinés à « donner la parole aux sans-voix ». L’objectif de ce colloque est d’examiner, dans une perspective interdisciplinaire, les modalités, les formes et les enjeux de ces offres de prise de parole dans des contextes politiques et sociaux variés : les acteurs qui les promeuvent, les dispositifs qui les configurent et les discours qui les accompagnent.

 

 

Les sciences sociales, notamment la sociologie politique ou encore l’histoire sociale, se sont principalement intéressées jusqu'à présent aux conditions d'accès et de légitimité de la parole de groupes dominés ou à « faibles ressources » dans les espaces de construction des débats publics : ouvriers, immigrés, déviants, minorités ethniques, sexuelles, SDF, exclus, femmes, enfants ou jeunes [1]. Ces groupes sont parfois rassemblés dans des catégories comme celles d’« inaudibles », d’« invisibles », de « sans visage », de « publics fragiles » ou de « groupes subalternes » [2]. Peu de recherches se focalisent sur le travail de catégorisation qui contribue à faire exister ces groupes, qu’il soit mené par des entrepreneurs de problèmes publics (agents de l’Etat, professionnels de l’information, de l’animation socio-culturelle ou de la santé, travailleurs sociaux, militants, artistes, etc.), ou par les chercheurs eux-mêmes [3]. Ces derniers ont pu par ailleurs s’interroger (EHESS, mars 2016) sur les conditions de recueil, l’audibilité, la crédibilité et l’intelligibilité des paroles des « sans- voix » [4].

 

L'anthropologue américain James Scott (2009) considère que les occasions où la parole authentique des « subalternes » se fait entendre publiquement sont des exceptions plutôt que la règle, et qu'elle s'exprime le plus souvent de manière dissimulée ou déguisée dans des espaces confinés, souvent difficiles d'accès pour l'historien ou l'ethnologue. On peut s’interroger sur les processus et les agents qui contribuent, à publiciser ce « texte caché » (hidden transcript) et les effets que leurs interventions peuvent produire sur ce dernier. On peut aussi se questionner sur la nature et la texture de cette parole d’autant plus difficile d’accès pour le chercheur qu’il ne la trouve jamais à l’état « brut » mais toujours partiellement transformée par les dispositifs qui en déterminent les conditions d’énonciation et de réception. Dans quelles circonstances et en quels termes des agents en viennent-ils à endosser un rôle de porte-parole ou de représentant de ces « sans-voix », au risque de reproduire les mécanismes de captation symbolique que certains entendent précisément dénoncer ? Quels sont les supports, les formes, les formats et les genres qui fournissent les médiations privilégiées d’expression de cette parole ? De quelle façon l’institutionnalisation de ces catégories et problématiques de sens commun ou savantes est-elle susceptible d’ouvrir ou de refermer l’espace du possible et du pensable sur les problèmes dont souffrent les « sans-voix », et les solutions susceptibles de leur être apportéesdans le domaine de l’action sociale, de la répartition des richesses, de l’éducation, des médias, de l’action gouvernementale ?

 

Il s’agira, de façon complémentaire, d’analyser les paroles tenues par ces « sans-voix » lorsqu’ils parviennent, dans les espaces ou les dispositifs qui sont mis à leur disposition, à s’exprimer publiquement [5]. Comment analyser ces paroles privées rendues publiques par un jeu de sélection, de mise en scène et de mise en mots sur lequel les locuteurs n’exercent, au mieux, qu’un contrôle partiel ? Quels indices permettent d’analyser les transformations que subissent ces paroles, lorsqu'elles font l'objet d'un processus de publicisation, et/ou lorsque ces groupes se dotent ou se voient dotés de « porte-paroles » s’exprimant en leur nom ? Quels effets en retour produisent ces formes d’expression sur ceux qui contribuent à les rendre visibles et audibles ? Enfin, on s’interrogera sur les conditions de réception et d’audibilité de ces paroles : quelles sont les logiques qui président à leur circulation dans l’espace social ? Comment sont-elles interprétées ou retraduites en fonction des publics qui les reçoivent ? Les dispositifs qui les produisent jouent-ils un rôle d’émancipation ou contribuent-ils à des formes paradoxales d‘enfermement des locuteurs dans des rôles et des catégories imposés ?

 

Un dernier axe de réflexion peut en effet reposer sur l’analyse des dispositifs eux-mêmes : l’offre de prise de parole peut se matérialiser dans des formes aussi diverses qu’une collection dans une maison d'édition, une émission de télévision, des groupes de parole ou des blogs, ou encore un dispositif institutionnel dans le cadre scolaire, sanitaire, culturel... Autant d’agencements matériels et symboliques qui ne seront pas envisagés dans ce cas comme un simple lieu où saisir des objets d’investigation, mais bien comme des espaces organisés et organisant des relations sociales.

 

Le colloque se situe dans une perspective pluridisciplinaire et nous invitons sociologues, anthropologues, historiens de la culture, politistes, sémiologues, linguistes et analystes du discours à présenter leurs travaux et à partager leurs analyses et réflexions.

 

[1] Quelques références bibliographiques pour se faire une idée de l’ampleur et de la richesse des travaux sur la question. Dans le domaine de la sociologie et de la science politique : Beaud, 2006 ; Bourdieu, 1993 ; Braconnier & Mayer, 2015, Dubois, 2008, Elias & Scotson, 1997, Ferron, 2012 ; Garcia 2013, Gaxie 1978 ; Glady & Vandevelde-Rougale, 2016 ; Hirschman, 1995 ; Laforgue & Payet, 2008; Lignier & Pagis, 2017 ; Hamidi 2010, Juhem & Sedel J. 2016, Mouchard, 2009 ; Noël, 2012 ; Payet, 2011 ; Piven & Cloward, 1979, Renahy, 2005, Talpin, 2016. Dans le domaine de l’histoire : Farge, 1998, 2004 ; Guillaumou, 1999, Guilhaumou, Mesini & Pelen, 2004 ; Kershaw, 2013 ; Watchel, 1971 ; Zinn, 2004.

[2] Braconnier et Mayer, 2015 ; Rosanvallon, 2008, 2014, Beaud 2006, Farge, 2004, Spivak, 1988.

[3] Pour des exceptions voire notamment sur la catégorie d’ « exclus » Lafarge 2001 ; sur celle d’ « immigré » Spire, 1999 ; sur celle de « sans » (abris, papier, emploi, etc.) Mouchard, 2009. Pour des analyses sociologiques plus générales sur ces « luttes de classement » : Bourdieu, 1978, Grignon, Passeron, 1989.

[4] Colloque Les sciences humaines et sociales face au foisonnement biographique. Innovations méthodologiques et diversité des approches (EHESS, Paris, 9-11 mars 2016). L’un des ateliers s’intitulait « La parole inaudible ».

[5] Les références suivantes fournissent une première base bibliographique pour entamer cette réflexion : Angenot, 1989, Auboussier, 2015, Barbet-Honoré, 2013, Bilat, Lelay, 2016, Gardet, 2009 ; Oger, 2006 ; Puccinelli-Orlandi, 1996 ; Juhem & Sedel, 2016 ; Ducard 2016 ; Paveau 2016 et 2017, Rancière, 1981, 1994.

 

 Giving voice to the voiceless? Actors, strategies and discourse

 

Although the problem of freedom of expression has long dominated thinking and debate about the functioning of public arenas, the question of access to legitimate expression for the most powerless social groups has, over recent decades, become a public problem in its own right. The conditions under which these groups have access to public expression, and the audibility of their discourse, are now questioned by many actors (associations, trade unions, political parties, intellectuals, social workers, journalists, and so on) who are proposing strategies designed to “give voice to the voiceless”. The objective of this symposium is to examine, within an interdisciplinary perspective, the modalities, forms and issues surrounding these offers to the powerless to have their voices heard: the actors who are promoting them, the strategies shaping them and the discourses accompanying them.

 

The social sciences, especially political sociology and, indeed, social history, have until now focused mainly on the conditions of access and legitimacy of speech for dominated groups or those with “limited resources” in the areas where public debate is developed: among workers, immigrants, dissenters, ethnic and sexual minorities, the homeless, the excluded, women, children and young people1. These groups are sometimes classed into categories such as “the unheard”, “the invisible”, “the faceless”, “vulnerable members of the public”, or “menial groups”.2 There is little research focusing on the categorisation which contributes to the very existence of these groups, whether it is led by those specialising in social problems (state agencies; professionals working in information, socio-cultural leadership or health; social workers; militants; artists; and so on) or by researchers themselves3. The latter have had the opportunity to question (EHESS, March 2016) the conditions of collection, audibility, credibility and intelligibility of words spoken by the “voiceless”4.

 

The American anthropologist James Scott considers that occasions when authentic speech by “menials” is heard publicly are the exceptions rather than the rule, and that it is more often expressed in a covert manner or disguised in confined spaces, which are often difficult for historians or ethnologists to access. We might question the processes and agents who help publicise this “hidden transcript” and the effects that their interventions may produce on this. We might also question the nature and texture of this speech, which is all the more difficult for the researcher to access given thathe never finds it in its “raw” state, but always partially transformed by the mechanisms determining its conditions of enunciation and reception. In what circumstances and on what terms do agents get to the point of taking on the role of spokesperson or representative of these “voiceless” people, at the risk of reproducing the symbolic capturing mechanisms that some intend precisely to denounce? What are the mediums, forms, formats and genres which provide the special mediations for expressing this speech? In what way is the institutionalisation of these common-sense or scholarly categories and problems likely to open up or close over the space of the possible and thinkable with regard to the problems suffered by the “voiceless”, and the solutions likely to be provided to them in the areas of social action, distribution of wealth, education, media and government action?

 

We shall, in addition, be concerned with analysing the words spoken by these “voiceless” members of society when they manage to express themselves publicly within the arenas or through the procedures made available to them5. How, indeed, should we analyse these private words that have been made public by a process of selection, of scene-setting and of expression in words over which the speakers have, at best, only partial control? What indications enable us to analyse the transformations undergone by these words when they submit to being publicised, and/or when these groups provide for themselves or are provided with “spokespersons” to speak in their name? What repercussions do these forms of expression produce on those who contribute to making them visible and audible? Finally, we intend to question the conditions under which these words are received and able to be heard: what logics govern their circulation in the social environment? How are they interpreted or retranslated according to the listeners who receive them? Do the mechanisms which produce them play an emancipating role or do they contribute to paradoxical forms of confining speakers within imposed roles and categories?

 

A last line of thinking might be based upon analysing the mechanisms themselves: the offer of being able to speak can take shape in ways as diverse as a collection in a publishing house, a television programme, speaking groups or blogs, or indeed in an institutional framework, be it in education, health or the cultural domain... So many combinations, both physical and symbolic, which will not be envisaged simply as places for understanding subjects of investigation, but as organised spaces organising social relations.

 

The symposium will have a multidisciplinary perspective and we invite sociologists, anthropologists, cultural historians, political scientists, semiologists, linguists and discourse analysts to present their work and share their analyses and reflections.

 

1 A few bibliographical references will give an idea of the scale and abundance of work that has been devoted to the issue. In the domain of sociology and political science, there are: Beaud, 2006; Bourdieu, 1993; Braconnier and Mayer, 2015; Dubois 2008; Elias and Scotson, 1997; Ferron, 2012; Garcia, 2013; Gaxie, 1978; Glady and Vandevelde-Rougale, 2016; Laforgue, Payet, 2008; Hamidi, 2010; Juhem and Sedel J., 2016; Mouchard, 2009; Payet, 2011; Piven and Cloward, 1979. In history, there are: Farge, 1998, 2004; Guillaumou, 1999; Guillaumou, Mesini, Pelen, 2004; Kershaw, 2013; and Zinn, 2004.

2 Braconnier and Mayer, 2015; Rosanvallon, 2014; Beaud, 2006; Farge, 2004; Spivak, 1988.

3 For exceptions to this, particularly on the “excluded” category, see Lafarge, 2001; on the “immigrant” category, Spire, 1999; and on the “less” category (the homeless, the jobless, those without legal documentation, etc.), Mouchard, 2009. For a more general sociological analysis of these “classification struggles”, see Bourdieu, 1978.

4 Symposium Les sciences humaines et sociales face au foisonnement biographique. Innovations méthodologiques et diversité des approches [The human and social sciences faced with biographical profusion. Methodological innovations and diversity of approach] (EHESS, Paris, 9-11 March 2016). One of the workshops was called «La parole inaudible» [Inaudible speech].

5 The following references provide an initial bibliographical basis for starting to think about these issues: Angenot, 1989; Auboussier, 2015; Barbet-Honoré, 2013; Bilat, Lelay, 2016; Gardet, 2009; Oger, 2006; Puccinelli-Orlandi, 1996; Juhem, Sedel, 2016; Ducard, 2016; Paveau, 2016, 2017.

 

 

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Organisation

 

• Deux conférences plénières :

o confirmée: Philippe Artières, historien, directeur de recherche, CNRS, Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain.

 

• Format des communications : 30 mn

• Deux tables rondes, avec des intervenant-e-s invité-e-s

 

Comité d’organisation :

Dominique Ducard, Benjamin Ferron, Emilie Née, Claire Oger (UPEC, Céditec)

 

Comité scientifique :

Sonia Branca-Rosoff (Université Sorbonne Nouvelle, CLESTHIA)

Cécile Canut (Université Paris Descartes, CERLIS)

Dimitri Della Faille (Université du Québec en Outaouais, Cédim/GRICIS) Aude Gerbaud (Université Paris-Est Créteil, Céditec)

Corinne Gobin (Université libre de Bruxelles, GRAID)

Jacques Guilhaumou (CNRS, Triangle

Frédéric Lambert (Université Paris 2, CARISM)

Joëlle Le Marec (Université Paris-Sorbonne, GRIPIC)

Ida Machado (Universidade federal de Minas Gerais, NAD)

Daniel Mouchard (Université Sorbonne Nouvelle, ICEE)

Caroline Ollivier-Yaniv (Université Paris-Est Créteil, Céditec)

Julie Pagis (CNRS, CERAPS)

Marie-Anne Paveau (Université Paris 13, PLEIADE)

François Perea (Université Montpellier 3, Praxiling)

Alain Rabatel (Université Lyon 1, ICAR)

Juliette Rennes (EHESS, Cems)

Ruth Wodak (Lancaster University / Université de Vienne

 

 

Soumission des propositions

 

Les participants seront ensuite invités à envoyer un texte de 20.000 signes pour le 09/05/2018

Calendrier :

 - Envoi des propositions de communication (titre, résumé, rattachement institutionnel) pour le 01/12/2017

- Notification d’acceptation : le 31/01/2018

- Envoi d’un texte développé : 09/05/2018

 

Les propositions de communication devront comporter :

• Nom(s) et prénom(s) de(s) l’auteur-e-(s),

• Rattachement institutionnel

• Titre, résumé de 2500 signes, bibliographie comprise, 5 mots clefs

Elles seront anonymisées et soumises à deux évaluateurs du comité scientifique, qui seront particulièrement attentifs à l’articulation entre la méthodologie employée, le cadrage théorique et la nature des données empiriques étudiées.

Elles sont à envoyer en format texte (.doc, .odt, .text ou .rtf) à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Langues : français ou anglais, de préférence avec un support en français dans ce dernier cas.

 

Les frais d’inscription, qui seront indiqués dans le courant du premier semestre, seront à la charge des participants.