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Revue du département d’information et de communication de l’Université Laval

 

La médiatisation conflictuelle des acteurs politiques

 

Numéro thématique coordonné par Olivier Turbide (Département de communication sociale et publique, Université du Québec à Montréal) et Guylaine Martel (Département d’information et de communication, Université Laval)

 

Dans les régimes démocratiques, la lutte pour la prise du pouvoir se joue en partie sur le terrain symbolique (Thompson, 1995) à travers une lutte pour la publicité des idées politiques, mais surtout à travers une lutte pour la visibilité entre des acteurs politiques qui cherchent à imposer une image médiatique/numérique favorable de soi et défavorable des adversaires (Amossy, 1999 ; Turbide, 2015 ; Martel, 2010a). Dès les premiers temps de la médiatisation de la politique, cette dimension conflictuelle a caractérisé le traitement journalistique de l’actualité politique selon deux modalités particulières.

La première, relativement bien documentée, consiste pour les médias à rapporter les événements politiques en adoptant un cadrage privilégiant les moments de conflits et de tension et qui témoignent du « jeu politique » (Capella et Jamieson, 1997 ; Giasson, 2012). L’usage de métaphores sportives et guerrières pour caractériser l’activité politique (Gingras, 1996) constitue l’une des marques saillantes de ce type de cadrage. La seconde modalité nous intéresse ici plus spécifiquement : elle correspond à la mise en scène du conflit par l’instance médiatique elle-même qui crée de toute pièce la situation de tension. Le débat (Trognon et Larue, 1994 ; Blimes, 1999 ; Kerbrat-Orecchioni, 2017) constitue la forme prototypique de cette médiatisation conflictuelle « provoquée » (Charaudeau, 2005) que l’on retrouve aussi régulièrement en situation d’interview politique (Clayman et Heritage, 2002 ; Montgomery, 2007), alors que l’interviewer adopte une posture professionnelle à la fois de distance et de défiance visant à créer l’« événement » en contraignant les leaders politiques à s’expliquer, à justifier leurs décisions.

 

Si cette médiatisation du conflit s’arrime à une logique démocratique et citoyenne de réédition de comptes et d’imputabilité (Montgomery, 2011), elle n’est pas non plus étrangère à la logique commerciale des médias qui voient dans ces confrontations un potentiel d’attractivité propice au développement des auditoires (Burger, 2010). Bien que les politiciens doivent se soumettre aux contraintes imposées par les médias (interventions courtes, souvent réactives, et absence de contrôle des thèmes abordés), ils ne sont pas pour autant perdants dans cette aventure. De fait, il s’agit d’une opportunité de rejoindre à peu de frais un large bassin d’électeurs dans un format plus captivant que le modèle de diffusion traditionnelle, monologal, statique, unidirectionnel, de l’information politique (Bastien, 2013) et ce, tout en faisant montre d’attributs personnels susceptibles de favoriser l’identification des publics : leur sens de la répartie, leur spontanéité, leur combativité (Martel, 2010b).

 

Or, selon plusieurs (Hutchby, 2011 ; Tolson, 2011 ; Oprea, 2012 ; Turbide et Laforest, 2015), ce modèle de médiatisation s’étiole progressivement et cède en partie sa place à un modèle axé davantage sur la spectacularisation de la confrontation, dans une logique de divertissement — le confrontainment (Luginbuhl, 2007) — et de personnalisation de la politique (Thornborrow et Montgomery, 2010 ; Lalancette, 2014). La compétition des réseaux télévisés pour l’obtention de l’attention fragmentée des auditoires qui se traduit par de fortes pressions économiques pour rendre l’information politique plus attrayante, moulée sur des formats de divertissement (Thussu, 2007), est notamment avancée pour expliquer ces transformations d’une logique médiatique à laquelle les politiciens, désormais intégrés au star system — les celebrity politics (Corner et Pels, 2003 ; Street, 2004 ; van Zoonen, 2005) —, se sont adaptées. De fait, qu’il s’agisse de discours à visée de médiatisation : échanges parlementaires (Harris, 2001 ; Cabasino, 2010 ; Ilie, 2010), conférences de presse (Ekström, 2009) ou allocutions partisanes (Buell et Sigelman, 2008), ou de discours directement destinés aux médias comme les publicités électorales (Lau et Brown Rovner, 2009 ; Johnson-Cartee et Copeland, 2013), les politiciens empruntent désormais les codes médiatiques de la parole agressive pour susciter l’engagement des électeurs (Burger, Jacquin, Micheli, 2011). Le cas de la campagne de Donald Trump lors des dernières élections présidentielles américaines est particulièrement révélateur de cette tendance (Winberg, 2017). Dans cette même logique de confrontation, de nouveaux formats hybrides de talk show émergent, mettant en scène des vedettes politiques et médiatiques dans des échanges qui tiennent davantage du débat acrimonieux que de l’interview, où s’entremêlent information, divertissement etaffrontement direct (Ekström, 2011 ; Oprea, 2012 ; Hutchby, 2017 ; Smith et Higgins, 2017). Aussi, la médiatisation conflictuelle des acteurs politiques prend forme dans d’autres formats, ceux-là radiophoniques (insult talk radio, trash radio, confrontation talk), où les animateurs prennent pour cible les leaders politiques sans que ceux-ci puissent leur répondre directement (Sobieraj et Berry, 2011 ; Vincent, Turbide et Laforest, 2008). Enfin, les différents publics eux- mêmes alimentent cette médiatisation conflictuelle en intervenant sur les médias socionumériques, mais aussi dans les espaces de commentaires des médias d’information en ligne et sur des blogues, reproduisant cette même tonalité de discours, attaquant avec virulence les personnalités politiques, engageant avec elles et leurs partisans un combat virtuel, et critiquant au passage le travail des journalistes. (Lorenzo-Dus, Blitvich et Bou-Franch, 2011; Hmielowski, Hutchens et Cicchirillo, 2014).

 

Dans le prolongement des travaux précédemment cités sur ce phénomène, nous aimerions dans le cadre de ce numéro dresser un portrait des multiples manifestations et pratiques qui témoignent de la médiatisation conflictuelle de la politique, en considérant la diversité des acteurs qui y participent (politiques, médiatiques, publics), des espaces qui la mettent en scène (médias traditionnels et médias socionumériques), aux formes d’expression du conflit (de l’attaque courtoise aux formes exacerbées de violence verbale) et jusqu’à leurs contextes d’émergence. Dans cet esprit, ce numéro voudrait privilégier les travaux qui analysent empiriquement (sur corpus) le phénomène de la médiatisation conflictuelle des acteurs politiques dans ses dimensions discursives, communicationnelles, politiques et sociales, les pratiques discursives étant révélatrices des conditions sociohistoriques de l’exercice de la communication politique et, notamment, de l’influence des logiques médiatiques sur la représentation que se font les acteurs quant au degré d’agressivité attendu ou admis sur les différentes scènes médiatiques (Strömbäck, 2008 ; Oger, 2012).

 

À travers les textes consacrés à ce numéro, nous souhaitons amener la réflexion sur la médiatisation conflictuelle des acteurs politiques au cœur des circonstances sociales dont elle émerge et qu’elle contribue à transformer. Les pratiques médiatiques actuelles récupèrent, modifient et transgressent des normes sociales, culturelles et institutionnelles, contribuant ainsi à l’évolution des relations entre les principaux acteurs publics. Elles affectent nos représentations de l’ethos de politicien quant à sa crédibilité et à sa légitimité, le rôle des médias, de même que l’ensemble des modalités de participation des citoyens au débat démocratique. Nous aimerions que cet ouvrage soit l’occasion de réfléchir à ce type de communication publique comme phénomène social, à cerner la place qu’elle occupe et à identifier ses origines et ses influences.

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

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SOUMISSION D'UNE PROPOSITION D'ARTICLE

 

Les propositions d'article doivent compter entre 1 200 à 1 500 mots (bibliographie non comprise). Elles présenteront le titre, la problématique, la méthodologie, incluant la base empirique utilisée, et les principaux résultats.

La proposition doit être anonyme. L'auteur indiquera ses nom, institution d'appartenance et coordonnées directement dans le courriel.

Merci d’envoyer vos propositions par courrier électronique aux deux coordinateurs :

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La réception de chaque proposition donnera lieu à un accusé de réception par courriel.

 

CALENDRIER (à confirmer)

 

22 janvier 2018 Date limite d'envoi des propositions d'articles. Les propositions seront évaluées par le comité scientifique en regard de leur pertinence pour le dossier thématique et de leur qualité scientifique.

 

12 février 2018 Notification d'acceptation ou de refus

16 avril 2018  Envoi des articles complets directement à la revue Communication : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. La longueur de l'article final, si la proposition est retenue, sera de 40 000 à 60 000 signes, espaces non comprises (ceci inclut les notes mais exclut la bibliographie).

Chaque article sera évalué en double aveugle par un comité de lecture indépendant. Le comité de coordination en consultation avec l’équipe éditoriale de la revue Communication décidera, à la lumière des évaluations, de l’acceptation en l’état, de la demande de modifications ou du rejet.

25 juin 2018  Retour aux auteurs sur l'article.

6 août 2018  Remise de la nouvelle version de l'article directement à la revue Communication : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. Le comité de coordination vérifiera si les modifications apportées répondent aux recommandations du comité de lecture indépendant.

27 août 2018 Retour aux auteurs sur la nouvelle version.

Automne 2018  Révision linguistique et retour aux auteurs

Hiver 2019  Publication.

 

COMITÉ SCIENTIFIQUE

 

Ruth AMOSSY, Frédérick BASTIEN, Nadège BROUSTAU, Jean CHARRON, Jamil DAKHLIA, Béatrice FRACCHIOLLA, Dominique GARAND, Gilles GAUTHIER, Roselyne KOREN, Marty LAFOREST, Claudine MOÏSE, Sandrine ROSINSKY.